La statue du Christ  de Michel Ange

Du gesu au pantheon : le quartier du champs de mars

La statue du Christ  de Michel Ange

A gauche de l’entrée du chœur se dresse une grande statue de marbre blanc représentant le Christ ressuscité. Elle fut sculptée par Michel Ange, en 1514.
Voyez comme cette œuvre est fortement inspirée des sculptures de l’Antiquité romaine. Regardez les proportions des membres : elles sont parfaites. Regardez la musculature. Le muscle n’est ni trop volumineux, ni trop noueux. Bref, la musculature est mise en valeur sans être exagérée. Regardez le visage du Christ maintenant : il est sans défaut, calme, dénué d’expression. On a l’impression que l’homme sculpté a l’agréable conviction d’être dans le beau, et qu’en plus, il le porte en toute modestie.
Tous ces éléments sont des caractéristiques directement reprises des sculptures de nus antiques. La nudité à l’antique sera d’ailleurs source de problèmes pour Michel Ange, car il ne convient pas à l’époque de montrer le sexe du Christ. Ou pire encore, celui de la Vierge, comme c’était le cas dans le premier projet de la grande fresque du Jugement Dernier, à la Chapelle Sixtine. Un voile pudique fut ajouté par la suite pour recouvrir le bas ventre du Christ.

Le maître autel lui-même est formé d’une grande châsse ou sarcophage de verre. Cette châsse contient le gisant de la très célèbre sainte Catherine de Sienne. Le gisant est la statue représentant un défunt. On peut dire, qu’une châsse est le contenant au travers duquel on peut voir, en l’occurrence ici un gisant.
Parlons de Sainte Catherine de Sienne. Cette religieuse de l’ordre dominicain mourut à l’âge de 33 ans, après une vie prodigieuse. En plein 14ème siècle, sans aucune instruction, elle menait des discours théologiques qui surprenaient les savants les plus éminents de l’Eglise. Elle correspondait avec le pape et certains rois pour leur apporter des conseils souvent pris en considération. Des moines, des chevaliers se plaçaient sous sa direction spirituelle. Son aide fut souvent sollicitée pour résoudre des problèmes politiques graves, tant dans l’Eglise que dans les villes de Pise, Sienne, Florence ou Rome. Appelée à Rome par le pape, elle y mourra en 1380, épuisée par une activité incessante.

A l’origine elle était enterrée dans l’une des chapelles secondaires de l’église. Au 19ème siècle, le pape Pie 9 fit placer sous le maître-autel le corps de cette femme extraordinaire, manifestant par là l’importance que l’Eglise lui accorde encore. Depuis lors, de nombreux papes ont cherché à se faire enterrer dans cette église, aux côtés de Catherine de Sienne.


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