Les confessionnaux du 17e siècle

Du grand béguinage à la cathédrale saint-michel

Les confessionnaux du 17e siècle

Nous allons maintenant passer dans la nef latérale derrière la chaire de vérité, pour nous tenir devant un des confessionnaux, au choix.

Vous avez choisi un confessionnal ? Très bien. Ces confessionnaux sont du 17e siècle, donc de la pleine époque baroque. Comme la chair, le confessionnal est un meuble inventé par la Contre-Réforme. Une des grandes critiques du protestantisme était notamment les abus dans le domaine de la confession. Les punitions des fautes étaient tarifées, c’est-à-dire que les fidèles devaient payer pour obtenir le pardon de certaines fautes. La somme à donner était proportionnelle à la gravité du péché. Cet argent était important pour Rome, qui en cette fin de 15e siècle, faisait reconstruire la basilique Saint-Pierre, ce qui coûtait fort cher. Ce trafic financier, qu’on a appelé « trafic des indulgences » est une des origines de la réforme protestante. Aussi, l’église de la Contre-Réforme a-t-elle voulu redorer le blason de la confession, ou sacrement de pénitence. Le confessionnal fait partie de cette démarche. Le prêtre est séparé du fidèle par une paroi de bois percée d’une grille. Le fidèle, lui, est à genoux dans un compartiment isolé. Le compartiment est important, car il y règne une atmosphère de pénombre, propice à la méditation sur ses fautes, et aussi sans doute, à la crainte de Dieu. Souvent, dans le compartiment lui-même, était accrochée une image qui pouvait soutenir la réflexion du fidèle, méditant en attendant son tour. Les personnages allégoriques qui encadrent la porte centrale, celle du prêtre. Ici, ce sont des femmes des anges tenant des symboles liés à la repentance et au pardon.

Observons un caractère particulier de ces confessionnaux. Leur partie centrale est surmontée par un fronton brisé en son milieu. Dans la brisure se trouve le buste d’un saint, le visage tourné sur le côté. Il regarde en fait en direction du chœur et du maître autel. Car l’Église de la Contre-Réforme a bien réinsisté sur le fait que, parmi les sept sacrements de l’Eglise, c’est celui de la messe, ou eucharistie, qui était le plus important. Celui de la confession, important aussi, n’a de sens que par la participation à la messe. C’est pourquoi les saints regardent en direction du chœur, rappelant cette prédominance aux fidèles.


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