L’extérieur de l’église Saint-Jean-Baptiste

Du grand béguinage à la cathédrale saint-michel

L’extérieur de l’église Saint-Jean-Baptiste

Portons maintenant notre regard vers l’église. Ce que nous voyons ici n’est bien sûr plus l’église médiévale. Ce qui s’élève devant nous est une église totalement reconstruite au 17e siècle, c’est-à-dire à l’époque baroque.
Car la reconstruction dans un style moderne était, plus qu’une simple réparation, un moyen de souligner le retour triomphal de la foi et des institutions catholiques au sein de la ville. Expliquons un peu.

Pour répondre aux critiques des protestants, de la Réforme, l’Église de Rome convoqua un grand concile, réunion de tous les évêques et prélats de l’Église, à Trente, dans le Nord de l’Italie. C’est le fameux concile de Trente, qui dura de 1545 à 1563. Ce Concile remit les pendules à l’heure sur un certain nombre de points théologiques, afin de reformer les pratiques et la pensée dans l’Église catholique romaine, afin de récupérer aussi les fidèles qui l’avaient quittée. C’est ce qu’on appelle la Contre-Réforme. Et effectivement, cette Contre-Réforme aura un certain succès. Aussi, le fait de reconstruire des édifices dans le style moderne était un signe extérieur de ce succès.

Mais en quoi consiste-t-il ce style moderne du 17e siècle ? C’est ce qu’on appelle le style baroque.
Observons la façade pour en comprendre les caractères essentiels.
Ce qui frappe sans doute en la regardant, c’est de voir à quel point elle est ornementée. Regardons par exemple le haut de la façade. Il est divisé, comme l’ensemble de la façade, en trois parties. Au centre, un grand pignon, très élevé, et sur les côtés, deux petits pignons. Prenons par exemple le petit pignon de droite. Tout est décor en courbes : la fenêtre centrale, toutes les lignes qui l’entourent. En particulier, à la base de pignon, nous voyons deux grosses spirales ou volutes, qui s’enroulent lourdement. Sur les côtés et le sommet de ce même pignon se dressent des balustres, sortes de petites tourelles décoratives. Ayant vu cela, nous pouvons maintenant parcourir des yeux l’ensemble de la façade, pour constater que ce type de décor se retrouve partout, juxtaposé à un rythme très dense. Et bien, c’est ça qui est baroque dans cette façade : cette prédominance d’un décor un peu surchargé, et tout en mouvements souples des courbes et de contre-courbes, donnant à l’édifice un aspect un peu lourd.
Le mot « baroque » désigne en art un style, caractéristique du 17e siècle, qui aime justement le décor et le mouvement, parfois jusqu’à la surcharge. Cela dit, le baroque que nous voyons ici est assez différent de celui que nous pourrions voir en Italie par exemple, où des grands architectes comme Le Bernin ou Borromini jouent sur le mouvement et le déséquilibre des plans, de la structure… Ici, les structures d’édifices, comme nous le verrons dans quelques instants, restent relativement classiques, et c’est plutôt dans la surcharge ornementale que le baroque se manifeste. C’est ce qu’on appelle parfois le baroque brabançon : assez classique dans la structure, surchargé dans son décor.

Car si nous regardons bien la façade dans son ensemble, sa structure est effectivement assez simple. Elle est divisée verticalement en trois parties, et les murs eux-mêmes sont droits, ne présentent pas de courbes. C’est donc bien dans leur décor sculpté seulement que le mouvement baroque se manifeste. Un italien comme Borromini, lui, aurait tordu les murs dans tous les sens, pour créer un mouvement dans la structure même, comme à Saint-Charles-aux-quatre-fontaines à Rome par exemple. Mais, de ce point de vue, les baroques flamands sont plus sages.


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