La rue Neuve

Du grand béguinage à la cathédrale saint-michel

La rue Neuve

Justement, nous allons maintenant traverser tout à fait la galerie pour nous retrouver de l’autre côté, dans la rue Neuve.

Et maintenant, venant du passage, prenons cette rue Neuve vers la gauche, et marchons environ 300 mètres, jusqu’à ce que la rue s’élargisse. Nous verrons alors à notre gauche une grande façade d’église baroque. Ce sera l’église Notre-Dame du Finistère.

En chemin, parlons un peu de ce quartier. Alors : la rue Neuve est une rue essentiellement vouée au commerce, et même plutôt à un commerce pour des bourses assez moyennes. Et pourtant. A l’origine, c’était une rue plutôt aristocratique. Remontons en arrière.
Au Moyen Age ne se trouvaient ici que des prés et des potagers. Certains prés du quartier seront d’ailleurs utilisés jusqu’au 18e siècle par les drapiers, pour le blanchissement des draps au soleil. Ainsi, même dans la ville, le quartier avait un aspect rural, avec des fermes au toit de chaume et des petites chapelles.

Ce quartier de Bruxelles avait assez bonne réputation. Et en 1617, un certain Jérôme de Mééstere acheta tous les potagers qui se trouvaient ici. Son but n’était bien sûr pas de produire de la soupe de légume en grande quantité, mais bel et bien de faire de la promotion immobilière! Il passa un contrat avec la ville, qui l’autorisait à créer des rues, notamment une très longue rue allant de la grande place, jusqu’à une des portes de l’enceinte, la porte d’Anvers. Cette rue, par sa nouveauté, sera appelée « rue neuve ». Vendant ensuite les parcelles de terrains, il fera d’excellentes affaires. Et voilà donc Bruxelles qui s’étend. Tout un nouveau quartier apparaît, au cœur duquel nous nous trouvons, qui porte le nom de « quartier du marais ». Tout simplement par ce qu’un marais s’y trouvait et qui sera asséché.

Parmi les chapelles qui se trouvaient ici, une petite chapelle, au milieu des champs, était connue sous le nom de chapelle du Finistère. On ne sait pas très bien pourquoi, il y a plusieurs hypothèses. On l’appelait aussi Notre-Dame du bout de la terre. Est-ce parce qu’elle était au bout du territoire de la ville ? Une autre possibilité est que « Finistère » vienne du vieux flamand « vènsterwèrts », qui veut dire « à la croisée de deux chemins ». Autre possibilité, la chapelle originelle avait une fenêtre en forme d’étoile, le vieux flamand « vènsterstèrre » signifiant « fenêtre en étoile ». On ne sait pas.

Mais bref. Cette petite chapelle originelle, peut-être du 13e siècle, sera plusieurs fois démolie et reconstruite. Toujours est-il que l’église actuelle date de 1713. Lorsque vous y serez arrivé, vous y entrerez, et vous assoirez sur un banc. C’est là que nous vous attendons.

Cette église est la plus tardive des églises baroques de Bruxelles, et encore, cela vaut surtout pour sa façade. A l’intérieur, elle est relativement classique, peu excentrique dans ses formes, et pas trop surchargée au point de vue du décor.
Nous noterons simplement la belle chaire de vérité.
Vous la verrez à droite dans la nef centrale. Vous la voyez ? Elle date de 1758, et représente une grotte entourée de deux arbres, l’arbre de la vie et l’arbre de la mort ; mais si l’on compare avec ce que nous avons vu au grand béguinage, cette chaire-ci paraît un peu fade. Non, si nous sommes venus dans cette église, c’est parce que c’est une des églises très appréciées des Bruxellois, lieu de calme et de méditation, au beau milieu de la vie trépidante du centre-ville.
Nous vous invitons à faire un petit tour de l’église. Accordez un instant à une belle statue en bois de la Vierge qui se trouve sur la droite quand on rentre et qu’on regarde vers le chœur. C’est Notre-Dame du Bon Succès. Elle date de 1620 et les étudiants viennent la prier en vue de réussir leurs examens. Mais sans doute la Vierge n’intervient-elle que pour ceux qui font au moins l’effort d’étudier un peu.


<< 13 - Le passage du Nord...         15 - La place des Martyrs... >>

Sommaire complet du dossier :