Le style de la cathédrale

Du grand béguinage à la cathédrale saint-michel

Le style de la cathédrale

Et maintenant, allons jusqu’à la cathédrale et rentrons pour nous asseoir sur un des bancs de la nef pour y continuer sa découverte.

Alors ? Vous êtes bien installés à l’intérieur de la cathédrale ? Parfait. Continuons sa description. Laissons notre regard voyager dans cette belle et spacieuse église. Noblesse et grandeur sont deux mots qui, nous semble-t-il, conviennent bien pour caractériser l’impression que donne l’édifice. Comme on le voit, la nef dans est divisée en trois, avec une nef centrale, séparée, à droite et à gauche, de deux nefs latérales par des colonnes. Les voûtes des nefs latérales étant plus basses que celle de la nef centrale, on appelle aussi ces nefs latérales des bas-côtés. Face à nous, au fond de l’église, c’est le chœur, avec ses belles fenêtres hautes et élancées. C’est ce chœur, tourné vers l’Est, qui constitue la partie la plus ancienne de l’église. L’édifice que nous visitons a donc été édifié d’Est en Ouest, comme c’est souvent le cas au Moyen Age. En effet, la construction commençait souvent par le chœur, car c’était la partie la plus importante, celle où l’on célèbre la messe. Dès que le chœur était terminé, on consacrait l’autel, c’est-à-dire qu’on le rendait symboliquement utilisable par une série de rituels. Du coup, on pouvait ainsi commencer à utiliser le nouvel édifice, avant même que la nef ne soit terminée. Et il valait mieux, car on a vu des églises s’édifier et être finie sur plusieurs siècles. Par exemple ici, le chœur fut consacré vers 1220, mais la façade ouest de l’église, c’est-à-dire celle de l’entrée principale n’a été terminée qu’au 16e siècle. 300 ans plus tard donc.

Quel est le style de la cathédrale ? Il est gothique. Mais en quoi cette église est-elle de style gothique ? C’est bien simple, le style gothique est synonyme de style ogival, c’est-à-dire qui utilise des ogives. Pour voir ce qu’est une ogive, levons tout simplement les yeux vers le plafond. Nous constatons alors que les voûtes sont formées d’une série d’arcs qui se croisent. Il y en a de deux types. D’abord, des arcs assez épais, qui à intervalles réguliers traversent perpendiculairement toute la largeur de la nef centrale. Ceux-là, ce sont les arcs que l’on appelle « doubleaux », qui séparent entre elles les sections de voûtes. Ensuite, dans chaque section de voûte, il y a les arcs qui se croisent en leur centre. A leur intersection, au milieu de la voûte, se trouve une pierre plus grosse, décorée d’une sculpture, et qu’on appelle la clé de voûte. Et bien, ce sont ces arcs-là qu’on appelle ogives. Ils sont le squelette du plafond. Tout le reste n’est que remplissage. Grâce à ce système, le poids du plafond –des voûtes donc- est bien réparti et redescend vers le sol. Du coup, cela permet aux églises de monter de plus en plus haut. En outre, comme ces ogives sont très légères, les murs de l’église, qui portent ces ogives, peuvent être aussi assez fins, et on peut y ouvrir de grandes fenêtres. C’est ça la grande caractéristique du gothique. Alors, une autre petite remarque. Les clefs de voûtes sont peintes. Et bien, c’est tout simplement la couleur originale du 15e siècle, que des restaurations réalisées dans années 1980 ont permis de retrouver.

Sachez aussi que, dans cette nef, il y a quelque chose d’assez caractéristique du gothique de cette région. Il s’agit des colonnes. Elles sont de simples cylindres verticaux, avec au sommet, un chapiteau sculpté de petites feuilles frisées, qu’on appelle « feuilles de choux ». La colonne monocylindrique et ce type de décor de chapiteau ne se trouvent que sur les territoires de la Belgique actuelle.


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