L’ancien béguinage du « Saint-Esprit ».

Du perron aux fonts baptismaux de saint-barthélémy

L’ancien béguinage du « Saint-Esprit ».

Alors le bâtiment que vous voyez à votre gauche abrite aujourd’hui les bureaux du musée d’Art religieux. Mais autrefois, tout le quartier où nous sommes était occupé par l’ancien béguinage du « Saint-Esprit ». Il a été fondé ici en 1614. Mais avant d’aller plus loin, qu’est-ce qu’un béguinage ? C’est un lieu où vivaient des béguines, nous sommes bien d’accord. Mais qu’est-ce qu’une béguine ? Une béguine, c’est une femme qui consacre sa vie à Dieu, comme une religieuse, mais qui ne fait pas de vœux perpétuels. C’est-à-dire que si elle le voulait, elle pouvait quitter son béguinage et se marier. Cela est parfois arrivé, même si ça a été assez rare. Les béguines portaient un costume comme les religieuses. Les plus riches avaient leur propre maison, les plus pauvres vivaient à plusieurs dans des maisons communautaires. Elles étaient dirigées par une supérieure, la Grande Dame. Ce type d’institution est assez caractéristique des anciens Pays-Bas et de la Belgique. Il y a encore de très beaux béguinages en Belgique, avec toutes leurs maisons, à Louvain, Gand, ou plus connu encore, à Bruges. Surtout en Flandre donc, car c’est là que les béguinages ont pris leur plus grande extension. En Wallonie, ils étaient moins importants. Par exemple, ils n’avaient pas, comme en Flandre, un rôle économique important au sein de la ville. En Wallonie, ils faisaient surtout office de maisons d’accueil pour les personnes âgées sans ressources. On dit que le mot « béguine » viendrait du nom d’un certain Lambert le Bègue, prêtre de Liège. Il aurait été le premier à structurer une communauté de femmes, autour de son église. C’est du moins ce que les liégeois aiment à répéter. Alors d’où vient le mot béguine ? On ne sait pas précisément. Il peut venir d’une moquerie, car ces femmes très pieuses marmonnaient continuellement des prières, donnant l’impression de bégayer toutes seules.
Mais malgré le nom de béguinage, les bâtiments que nous voyons ici n’ont pratiquement pas été occupés par des béguines, mais par des sœurs ursulines, arrivées à Liège au début du 17e siècle. N’oublions pas qu’au début du 17e siècle, nous sommes au début de la Contre-Réforme, c’est-à-dire cette remise en place de l’Église catholique après les guerres de religion. Nous en avons parlé devant la façade de l’église Saint-Antoine. Dans le même mouvement se sont crées de nouvelles communautés religieuses et de nouveaux couvents, comme celui-ci.


<< 14 - La vue sur la ville...         16 - La ruelle-escalier... >>

Sommaire complet du dossier :