L’histoire de Dubrovnik

Dubrovnik : de la porte pile au palais du recteur

L’histoire de Dubrovnik

Nous sommes devant la porte-pile, dans la porte de la ville neuve. Et entre la ville neuve et les remparts, juste devant la porte, se trouve un petit pont enjambant le fossé défensif qui entoure la ville côté terre.

Nous nous trouvons donc le long des remparts imposants qui entourent la vieille ville de Dubrovnik. Regardons maintenant vers l’entrée de la vieille ville. Sur notre droite, nous voyons une tour d’angle : c’est la tour Bokar. Et si nous regardons tout à gauche cette fois, il y a la tour Minceta. Elles sont toutes deux des rajouts faits par l’architecte Bartoloméo au 15e siècle. Voyez les remparts maintenant qui datent du 13e : ces remparts mesurent 2 km de long et ont une épaisseur de 3 m côté mer, 6m côté terre. Bref, ils donnent une impression de grande massivité. Et cela montre l’importance de la cité. Alors comment s’explique cette importance? Tout d’abord par la position de la ville sur la côte Dalmate : son port contrôle la circulation maritime en Adriatique, c’est en effet, une halte très importante depuis toujours entre Venise et La Grèce, mais aussi entre la côte et l’intérieur des Balkan. Mais en fait tout avait commencé il y a depuis 2500 ans : Une tribu, celle des Dalmates, s’installe alors dans la région qui deviendra ainsi la Dalmatie. Puis les Grecs vinrent s’installer et créèrent Epidaure, aujourd’hui Catvat, à quelques kilomètres d’ici. Mais il y eut de nombreux tremblements de terre et les habitants s’enfuirent pour s’installer sur un îlot qu’ils appelèrent « Ragusium ». Juste en face de cet ilôt s’est installé un autre peuple, celui des croates, qui appelèrent leur cité Dubrava. A l’origine, il y avait donc 2 villes, l’une Raguse sur un ilôt et l’autre Dubrava sur la terre ferme. Ces 2 villes étaient séparées par un chenal très étroit qui fut comblé à la fin du 11e siècle. La ville réunie porta le nom de Raguse jusqu’en 1918 où elle deviendra Dubrovnik.
Dès le 12e siècle, la ville s’est structurée politiquement et administrativement. Sa position géographique en a fait bien sur un lieu de convoitises. Jusqu’en 1205, la ville est placée sous le protectorat de Byzance. Mais après la 4ème croisade en 1204, Byzance fut conquise par Venise qui s’empare ainsi de Raguse jusqu’en 1358, date à laquelle la ville accède à l’indépendance et devient une république. La richesse de la ville est alors considérable: elle possède plus de 120 kms de côtes et quantité d’îles, son port est absolument incontournable. Les sources du 14 et 15es siècles parlent d’une cité république indépendante d’une richesse phénoménale. C’est d’ailleurs cette richesse qui permet de garantir l’indépendance en payant les états plus puissants. La ville est tenue par quelques grandes familles aristocratiques qui dirigent tous les aspects de la cité. Le terme de république est en effet à replacer dans le contexte de l’époque et nous aurons l’occasion d’en reparler en visitant le palais du recteur au cours de notre promenade. Ainsi donc, la ville paye son indépendance, et bien sûr elle reconnaîtra aussi –même si c’est plus symbolique- les autorités dominantes de la région : la monarchie hungaro-croate, puis l’Empire ottoman, puis les Habsbourg. Cette mise sous tutelle volontaire lui permet de garder une totale autonomie des affaires internes. Mais ce peu de fidélité donnera à la ville une réputation assez sulfureuse. Raguse est une ville où les secrets d’État s’échangent, se vendent au plus offrant sans aucune morale : on commerce en tous sens quelle que soit la situation diplomatique. À tel point que la devise est “aimable avec chacun, attentionné avec tous”. Et cela fonctionne. Sa richesse vient essentiellement de son port, du transit de l’argent, du plomb, de la laine, du cuir, des céréales, des épices, du coton et du sel. Les bateaux grecs, siciliens, égyptiens, français espagnols relâchent ici. La marine ragusaine se développe de manière remarquable. Au 16e siècle en effet, la flotte de Raguse comporte 250 navires qui sillonnent l’Adriatique, la méditerranée et la mer Noire. De plus, Raguse ouvre des consulats dans 50 ports. Tout cela en fait la 3e flotte marchande d’Europe. Mais le 6 Août 1667, un grand tremblement de terre fait plus de 5 000 morts et la ville est anéantie. Les centres économiques se déplacent en même temps de la méditerranée à l’atlantique. En outre, le monde est divisé entre nations chrétiennes et turques. Même reconstruite, Raguse ne s’en relèvera pas. Elle vivote, rêvant de sa splendeur passée et en 1806, Napoléon met fin au système de la république en intégrant la ville dans les “provinces illyriennes”. La ville passera ensuite sous domination austro-hongroise et en 1918, recouvrant son indépendance, elle devient Dubrovnik.


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