La rue zudioska

Dubrovnik : de la porte pile au palais du recteur

La rue zudioska

Nous allons continuer notre promenade le long de la Placa en allant vers le coeur de la ville, donc toujours en tournant le dos à la porte Pile. Nous irons jusqu’à l’entrée de la place principale que vous apercevez au loin et nous nous arrêterons au niveau de la rue zudioska. Ce sera la dernière intersection qui se trouvera sur notre gauche avant la place. Et en chemin, le long de la rue, vous voyez de grandes maisons de commerçants. Elles furent reconstruites après le séisme de 1667. La particularité architecturale de celles-ci est ce que l’on appelle les fenêtres “à genoux ”. Qu’est-ce? Et bien, en regardant les façades, on s’aperçoit que la porte d’entrée est juxtaposée à une fenêtre. Les deux ouvertures, la fenêtre et la porte sont intégrées dans un même arc de cercle et sont très proches l’une de l’autre. Ceci permettait au commerçant de laisser la porte fermée et de passer les marchandises par la fenêtre. Cette structure est particulière à Dubrovnik. Continuons maintenant jusqu’à la dernière intersection que nous trouverons sur notre gauche avant la place.

Vous devez maintenant vous trouver à l’angle d’une rue appelée Zudioska. C’est en fait l’entrée du ghetto juif et autrefois des portes fermaient cette partie de la ville. La communauté juive est extrêmement réduite aujourd’hui, une cinquantaine de famille, mais elle possède la plus ancienne synagogue d’Europe encore en fonctionnement après celle de Prague. Celle-ci se trouve au numéro 5 de la rue et est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 13H. Elle contient un petit musée payant abritant des objets liturgiques, une Torah du 14e et des manuscrits intéressants.

Nous sommes au Nº 5, devant une maison étroite et sans particularité extérieure. L’entrée, assez sombre, donne directement sur un escalier qu’il nous faut emprunter pour accéder au petit musée qui se trouve au premier étage.

Ce petit musée comporte deux vitrines contenant des manuscrits anciens. Dans la vitrine le plus à gauche se trouve un exemplaire de la Torah datant du 14e siècle. Dans la vitrine de droite, nous voyons quelques objets sacrés et des manuscrits retraçant la vie de la communauté juive à Dubrovnik aux 15e et 16e siècles. À partir du 12e siècle, les communautés juives d’occident sont en plein essor et la production des manuscrits enluminés se multiplie, avec d’importantes spécificités régionales. Dans les villes dalmates comme Dubrovnik, l’enluminure des manuscrits est assez particulière. Elle est caractérisée par l’extrême diversité des thèmes, et par l’originalité de l’iconographie. Un foisonnement de monstres ou de figures légendaires décore les livres liturgiques de grand format, exécutés pour l’usage synagogal. Mais, à partir de la fin du 15e siècle, la progression rapide du livre imprimé a supplanté le manuscrit. Nous voyons aussi dans les vitrines divers objets rituels dont la création a été stimulée par les autorités religieuses. En effet, les objets utilisés lors des grandes fêtes juives vont marquer l’appartenance des juifs à une même communauté où qu’ils se trouvent. Ainsi les autorités religieuses ont-elles tenu à ce que l’on fabrique des objets immédiatement reconnaissables pour régler la vie liturgique. Parmi les objets destinés aux célébrations familiales, on trouve des luminaires pour le sabbat, des chandeliers, des lampes pour la fête de hanoukka; des boîtes à aromates pour la cérémonie de clôture du sabbat; des plats de faïence ou d’argent pour les repas de fête.


<< 10 - L’église des Francis...         12 - La synagogue ... >>

Sommaire complet du dossier :