L’intérieur de la cour

Dubrovnik : de la porte pile au palais du recteur

L’intérieur de la cour

Nous sommes maintenant dans la cour, plaçons-nous dans l’angle droit de celle-ci. Cette grande cour est remarquable, car c’est ici que l’on voit le mieux comment les différents architectes ont réussi le tour de force de restaurer, d’ajouter leur propre touche tout en respectant le lieu. Le résultat est harmonieux alors que, nous l’avons vu, l’histoire du bâtiment est très complexe. Cette harmonie : à quoi est-elle due ? Tout d’abord, ce qui saute aux yeux, c’est l’unité du matériau ; ce qui est une caractéristique de l’art Ragusin. Ensuite, chaque architecte prend soin de ne pas tout casser pour recommencer à zéro. Mais au contraire, il part de l’existant et y ajoute des modifications propres au nouveau style. Regardons les exemples que nous avons sous les yeux. Et commençons par le gothique, l’architecture d’origine de l’édifice. Il suffit de voir le plan de la cour pour le découvrir. Regardez les proportions de celle-ci : le plan carré du sol et la hauteur des murs qui l’entourent : tout est ici en élévation. On pourrait se sentir enfermé dans un espace clos, mais les proportions corrigent cette impression et donnent une verticalité à l’ensemble. Et puis regardez sous l’escaler, vous voyez une vasque surmontée d’arcs gothiques car en forme d’ogives. Cette cour servait en quelque sorte d’espace public au temps de la république. L’administration se trouvant ici, sur la partie gauche de la cour, les citadins y venaient pour régler leurs affaires. Par ailleurs, la prison se trouvait sur la partie droite de la cour, certaines cellules donnent même directement par une petite ouverture sur celle-ci : elles étaient bien sûr réservées aux prisonniers privilégiés. Les familles qui rendaient visite aux prisonniers venaient donc aussi dans cette cour. Au centre de la cour se trouve une statue, c’est celle d’un certain Pracat (1607). Il est très rare d’avoir une statue datant de la république, car celles-ci étaient interdites pour éviter tout culte de la personnalité. Mais Pracat était un homme exceptionnel. D’origine modeste, il vient des îles de l’archipel de Dubrovnik et est marin. Peu à peu, il fait fortune et deviendra le plus riche armateur de la ville. Il pratiquera un mécénat très actif, fera beaucoup de dons à la ville et n’ayant pas d’enfant léguera sa fortune à la cité, fortune qui s’élevait dit-on a une tonne d’or! Et sinon, durant la période suivante: on a retravaillé l’édifice bien sûr, mais surtout son décor. Ainsi, les motifs qui ornent la cour sont renaissance. A quoi le voit-on ? Et bien tout simplement à ces arcades et colonnettes, encore une fois inspirées de l’antiquité classique. Quant à l’escalier monumental au fond de la cour, il est lui de la période baroque mais relativement sobre. Vous le voyez ? Oui ? Donc vous voyez qu’il y a quelques caractéristiques baroques comme ses barreaux à forme compliquée, et comme le soin du détail. Mais en revanche, rien n’est exagéré et tous ces styles se fondent en une parfaite harmonie!


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