La pièce du trésor de la cathédrale

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La pièce du trésor de la cathédrale

Entrons dans la pièce du Trésor : on y verra 2 pièces majeures. Et lorsque vous êtes devant cette paroi de verre, levez les yeux : vous voyez tout d’abord une grande quantité d’encensoirs en argent et or pendus au plafond. Et devant vous, au centre, se trouvent les reliquaires en argent contenant les restes de saint Blaise. Remarquez surtout, au centre, en forme de mitre, le reliquaire de la tête de saint Blaise. Il est en argent et or et date du 17e siècle. Les orfèvres ont par ailleurs réutilisé des émaux byzantins du 12e siècle qu’ils ont intégrés dans le reliquaire. Mais l’essentiel est ailleurs : regardez sur la droite : posé par terre le plus souvent, on voit, une jolie madone. Vous la voyez ? Elle tient un bébé dans les bras –le Christ bien sûr- et à côté il y a un enfant qui regarde la scène –st Jean Baptiste, le cousin du Christ. Oui ? et bien, elle est attribuée à Raphaël. Comme beaucoup de peintres de son époque -début du 16e siècle donc-, Raphaël est également féru d’architecture. Cette particularité est importante pour bien comprendre son œuvre, car la composition des tableaux, l’harmonie, l’équilibre de ses compositions sont pour lui un souci constant. Né à Rome, il se rendra à Florence en 1504 et c’est à partir de là que son travail va trouver sa spécificité. Il va notamment emprunter des techniques à d’autres artistes et il va fusionner ces techniques différentes ce qui lui donnera un style tout à fait à part. Regardez tout d’abord le visage de la madone : on voit une grande finesse des traits, une sorte de douceur. Cela dit, on ne nous présente pas une vierge qui ne serait que adoration devant son fils. Pour notre part, on sent qu’elle ne manque pas de caractère. Non ? Voyez le visage : il est structuré et bien équilibré. Cette force du trait, Raphaël la tire de Michel-Ange par lequel il est extrêmement influencé. Mais voyez aussi la délicatesse des coloris, la douceur et le fondu des différents éléments. Et cela, Raphaël l’emprunte à la technique du sfumato mise au point par Léonard de Vinci. Le sfumato est une espèce de demi-jour vaporeux. Souvent les peintres du 16e se répartissaient en 2 écoles : il y avait les « dessinateurs » : ils privilégiaient le trait pour délimiter les volumes. Et il y avait les coloristes : eux, ils privilégiaient les couleurs pour cela. Et bien Raphaël empruntera aux deux écoles. Et tout ceci donne à sa technique une couleur particulière que nous retrouvons ici: regardez la finesse, la précision et la force des traits –notamment sur le visage de la vierge- mais aussi la grande douceur de l’ensemble et le fondu des coloris. Bien sûr, la pièce est un peu sombre, mais on peut quand même voir le sfumato utilisé sur Jean Baptiste et le haut du visage du christ. Vous voyez ? A voir ces influences de Vinci et de Michel Ange, on se dit que cette peinture date du début du 16e siècle, vraisemblablement après son séjour à Florence. À partir de là, les madones de Raphaël seront toujours traitées avec une sorte de noblesse tendre et sereine comme nous le constatons ici. Regardez sur la gauche maintenant. Sur ce côté malheureusement mal éclairé se trouve une icône byzantine datant du 13e siècle. Elle représente aussi une vierge à l’enfant.


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