Les dominicains

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Les dominicains

Ce cloître est conçu comme un havre de paix et est l’endroit idéal pour s’asseoir un instant afin de comprendre qui étaient les dominicains. Les dominicains représentent un tournant dans l’histoire des ordres religieux au début du 13e siècle. Donnant pour devise à son ordre: «Ne parler qu’avec Dieu ou que de Dieu», saint Dominique est l’initiateur d’un mode de vie difficile, qui allie présence à Dieu et présence aux hommes à évangéliser. Cet ordre –appelé l’ordre des Frères Prêcheurs- nait en 1215 à Toulouse et il reflète les aspirations du temps. Car à cette époque, il y a beaucoup de contestation contre certains abus de membres de l’église.

Autour de 1200, une nouvelle religion essaye de naitre dans le sud de la France. C’est la religion des Cathares. Bien sûr, pour Rome, cette hérésie doit être éradiquée : en plus d’y dépêcher des croisés qui viendront de toute l’Europe, le pape Innocent 3 envoie des abbés Cisterciens pour maintenir dans la religion catholique les zones ainsi touchées. Et en 1206, un certain Dominique de Caleruega se joint à ces abbés cisterciens pour mener campagne contre l’hérésie. Et il restera 9 ans à leurs côtés. Ensuite, Dominique continue de mener, seul ou avec des compagnons, une vie de prédicateur. Puis l’ordre est créé en 1215. Puis en 1217, Dominique disperse ses premiers frères, les envoyant étudier, prêcher et constituer des communautés à Madrid, à Paris, à Bologne, à Rome. Parallèlement, il élabore une législation religieuse d’un type nouveau, faisant de l’étude de la parole de Dieu une valeur fondamentale, renonçant à tous revenus pour ne vivre que de mendicité. Et il faut dire que ce nouvel ordre tombe à pic : car la contestation de l’Église catholique a été très forte et –lors du concile de Latran- le pape demande à tous les évêques de la chrétienté de doter leurs diocèses de prédicateurs instruits, dont la parole serait illustrée par leur vie exemplaire. Bref, c’est le portrait des dominicains. Dominique mourra en 1221 et sera canonisé en 1233. La croissance de l’ordre sera ensuite fulgurante : Au début du 14e siècle, les Dominicains sont déjà 15 000 environ, répartis en plus de 550 couvents, de la Finlande au Maroc, de Dublin à Kiev. Les dominicains ont plusieurs faces: l’une est d’être les principaux collaborateurs des tribunaux de l’Inquisition. Et l’autre est d’avoir essayé de généraliser l’apprentissage des évangiles et ce faisant d’avoir aidé au développement universitaire à travers l’Europe médiévale. Mais assez rapidement, l’ordre se trouvera concurrencé par celui des jésuites. Car de nouveaux défis arrivent pour lesquels l’ordre n’est pas équipé : il y aura la Renaissance où l’homme est placé au centre des préoccupations. Et puis bien sûr, il y aura l’arrivée du culte protestant qui s’était si vite développé que l’approche classique du « brulez-les tous » ne pouvait pas fonctionner. Face à ces nouveaux défis, il fallait un ordre nouveau qui ne serait gêné par le poids du passé et ce sera les Jésuites, ordre créé en 1537, qui seront chargés de ces nouvelles missions. L’ordre déclinera donc à partir de cette époque.


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