Les œuvres des peintres ragusains

Dubrovnik : sites et ruelles de la vieille ville

Les œuvres des peintres ragusains

Nous allons maintenant pouvoir reprendre notre visite. Si vous avez pris à gauche après l’entrée dans le cloître, il faut continuer jusqu’à la 1re porte ouverte que vous rencontrerez.
Dans la première pièce dans laquelle nous pénétrons se trouvent plusieurs œuvres de peintres ragusains. En effet, aux 15e et 16e siècles, de nombreuses écoles de peinture furent mises en place et financées soit par la ville soit par de riches mécènes. Et les peintres de Raguse formèrent une véritable école. Les ateliers se multiplient à Dubrovnik, mais malheureusement les séismes successifs ont détruit la majeure partie de leur production. Mais heureusement, il nous reste quelques témoignages tout à fait remarquables que nous avons la possibilité d’admirer ici. Alors, tout d’abord, un petit mot sur le contexte de l’époque. Cette période est en effet très riche, car confrontées à la pression musulmane. Et les élites humanistes de la côte adriatique manifestent leur sentiment d'appartenance à la culture occidentale en développant des échanges artistiques avec les grands foyers de création voisins. Ils sont même parmi les premiers à faire sortir le style Renaissance hors d'Italie. Dès le milieu du 15e siècle, la Dalmatie et plus encore Dubrovnik accueillent des artistes florentins. Dans le même temps, les artistes locaux les plus représentatifs font leurs classes dans les centres de création italiens avant de revenir chez eux.
Commençons par le mur de droite qui présente les œuvres du plus grand peintre de Raguse, à savoir Nicolas Bizidarevic. Deux œuvres majeures sont exposées ici. Il y a tout d’abord le triptyque de la Vierge. Vous le voyez? Le panneau central est remarquable, tout en hauteur. Le peintre a utilisé les deux techniques de la tempera et de la dorure. Alors qu’est ce que c’est ? La tempera signifie que l’artiste a délayé ses couleurs dans de l’eau mêlée à un agglutinant, le plus souvent du jaune d’œuf. La robe rouge et or, encadrée par le voile de la Vierge crée une impression de somptuosité que tempère la douceur des traits de la Vierge et de l’enfant. Regardez l’extrême précision du détail, et particulièrement l’ourlement des paupières. L’ensemble de la composition est harmonisé par les gestes: ainsi, voyez le le rameau fleuri de la vierge : il répond au sceptre tenu par Jésus. Passons à côté maintenant et regardons: là se trouve le grand panneau de l’annonciation. Comme le triptyque, l’encadrement est sobre et laisse à la composition, tout loisir de s’exprimer. La technique employée est aussi celle de la tempura. La peinture se décompose en plusieurs parties. Voyez l’arrière-plan tout d’abord : il est très travaillé : regardez à gauche, on voit les paysages. Et sur la droite, ce sont les éléments d’architecture : on voit 1 portique avec ses 6 colonnes. Et entre les colonnes, on voit comme une tour. Mais désormais, regardons le premier plan : à gauche, nous voyons l’ange Gabriel qui annonce à Marie qu’elle porte le Christ. Tout son corps est tendu vers l’avant et oriente notre regard vers la Vierge. Regardez le mouvement des ailes : elles ne sont pas déployées, mais penchées vers l’avant : elles soulignent là encore le geste de l’ange vers Marie. Marie est elle représentée en rouge et est enveloppée d’un manteau brodé somptueux. Regardez au niveau de ses pieds : ils ne reposent pas sur le sol, mais sur un tapis. Les yeux baissés, les bras croisés, tout son corps exprime une douceur et une sérénité. Seul un vase de fleurs à ses pieds anime l’environnement immédiat de la vierge.
Et maintenant, regardez les œuvres qui sont sur le mur de gauche de ce tableau. C’est le mur qui fait face à l’entrée. Et allez sur la partie gauche de ce mur. Vous remarquerez dans la vitrine un encensoir en argent datant du 15e siècle en forme de bateau. C’est une fabrication locale destinée à magnifier la vocation maritime de la cité. A coté se trouve un reliquaire en forme de doigt en argent et vermeil datant lui aussi du 15e siècle. Il contiendrait le doigt de saint Dominique conservé précieusement bien sûr par les dominicains. Prenez le temps de regarder ces objets.


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