Le crucifix de bois peint de Paolo Veneziano

Dubrovnik : sites et ruelles de la vieille ville

Le crucifix de bois peint de Paolo Veneziano









Nous pouvons maintenant sortir du musée et nous diriger vers l’église en repassant par le cloître. Donc en prenant sur notre gauche en sortant des salles du musée. Au passage, ne manquez pas d’admirer le portail sud de l’église qui est le seul vestige roman de l’édifice, mais retravaillé en partie en style gothique par Bonino de Milano en 1420.
Entrons maintenant dans l’église. Le contraste est saisissant entre la sobriété de l’architecture et la richesse du mobilier. La sobriété de l’architecture s’explique tout simplement parce que l’église était collée aux remparts et qu’elle se devait d’en être un renfort. Mais bien sûr, le plus important est ailleurs. Levez les yeux vers le chœur et regardez vers le haut -dessus du maitre-autel: vous voyez un immense crucifix de bois peint. Il a été offert en ex-voto à l’église après la peste de 1394 qui a épargné la cité. Il a été réalisé par un immense artiste: Paolo Veneziano. Paolo veneziano est le premier nom connu de la peinture vénitienne. Il peint au début du 14e siècle et son œuvre est très influencée par l’art byzantin. Car Venise a toujours été la porte d’entrée et l’outil de diffusion de l’art Byzantin en Europe Occidentale. Toujours est-il que l’influence est extrêmement claire. Regardez le fond de peinture : il est de couleur Or, ce qui est une des caractéristiques de l’art byzantin. Une deuxième caractéristique de l’art byzantin est ce côté figé des attitudes des personnages –leur hiératisme. Souvent, ils nous regardent de face et représentent plus leur fonction qu’eux-mêmes. Ici, on ne voit pas cela. Voyez le Christ : sa tête est de côté et il est très humain. Bref, avec ce crucifix, on voit que Veneziano acquiert un style plus personnel, plus souple. Il insère dans son œuvre des éléments purement gothiques : comme les draperies ou les couronnes de la vierge. Il sera considéré comme le peintre à imiter dans la génération suivante. Remarquez que la couleur jaune est nettement dominante ici. Le corps de Christ est dans les tons d'or et d'ocre et absolument pas cadavériques, l'idée est ici de représenter la rédemption et non pas le sacrifice de la vie. C'est pourquoi l'artiste emploie ces couleurs vivantes. Et enfin, voyez aussi au-dessus du christ : vous distinguez un oiseau. C’est un pélican. Que fait-il là nous direz vous ? Essayons de deviner. Pour quoi est-il connu ? Et bien il stocke sa nourriture dans son bec et dans son cou. Et quand sa progéniture vient se nourrir, elle plonge son bec dans le gosier de ses parents… Donnant l’impression pour l’observateur que les parents se sacrifient pour elle. Ainsi, le pélican a souvent été un symbole du Christ qui se sacrifie pour l'humanité. Ainsi les deux significations sont-elles bien présentes ici, sacrifice et rédemption, mais en quelque sorte séparées en deux panneaux. Nous pouvons à présent sortir du monastère. Ainsi s’achève notre visite de Dubrovnik.


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