La statue équestre - Cosme 1er de médicis

Florence : place de la seigneurie

La statue équestre - Cosme 1er de médicis

Et maintenant, regardons attentivement cette statue équestre et l’homme qui y figure : Cosme 1er de Médicis, homme d’Etat, lucide, déterminé, amoureux du pouvoir et dénué de scrupules. Installé en 1537 par l’empereur Charles Quint qui assiégeait Florence, il fait des Médicis une famille princière entourée, alors qu’elle n’était jusqu’alors qu’une famille bourgeoise dirigeant une ville de marchands. Les trois scènes sculptées sur le socle de la statue rappellent à celui qui tenterait de l’oublier toute la gloire de ce monarque. Elles représentent l’obtention des titres de « Duc » en 1537 des mains de Charles Quint, puis de « Grand Duc » de Toscane en 1569 des mains du pape Pie 5, et enfin la conquête de Sienne en 1555. N’hésitez pas à vous approcher de ces reliefs pour mieux les observer. Mais les mérites de Cosme Ier de Médicis ne s’arrêtent pas là.

Maintenant nous allons les évoquer en même temps que nous décrirons la statue. Alors voilà : Cosme 1er va mettre toute sa grande énergie au service de sa cité, la révolutionnant littéralement. Il va créer un Etat monarchique centralisé, annihilant ainsi la République et toute tentative de démocratie. A cet effet, il fonde le premier corps de fonctionnaires, cantonnant la vieille aristocratie dans un rôle d’apparat. Il s’équipe d’une armée de 30 000 hommes, d’une police secrète très dissuasive. Vous l’aurez compris : Cosme 1er de Médicis instaure une dictature... qui va néanmoins donner à Florence et à sa région une vraie prospérité économique. Exploitation intense des carrières d’albâtre, de fer, de lignite, création d’une manufacture de tapisseries, et stabilité monétaire indispensable à un tel développement seront ses grands chantiers économiques. Si Cosme 1er est un monarque soumis à un empereur, il est tout de même inspiré par une certaine idée de l’Etat.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, Ferdinand de Médicis, fils cadet de Cosme 1er, fait ériger cette statue équestre. Il s’agit de rendre hommage à l’œuvre du père et du même coup…d’asseoir le pouvoir de la famille Médicis sur Florence. Observons donc le patriarche ! Ne parade-t-il pas dans ses plus beaux atours ? N’est-il pas figuré raide et indifférent à sa monture ? Un style bien conventionnel, bien officiel, bref un style de cour éloigné du courant réaliste du 15ème siècle. Giambologna, ou Jean Bologne, est l’auteur de ce bronze présenté au public en 1594, vingt ans après la mort de Cosme 1er. Même si cette statue équestre n’est pas l’œuvre la plus caractéristique de l’artiste, elle est une œuvre exceptionnelle par sa technique, car ce bronze est fait d’une seule pièce, homme et cheval ! La statue révèle aussi l’origine flamande de Jean Bologne. Comment ? Et bien à travers sa dimension naturaliste. Regardez à cet égard le cheval : ses sabots, ses pattes, sa tête, son museau. Ne sont-ils pas une représentation proche de la nature ?
Mais cela n'empêche pas Cosme 1er de monter son cheval de façon étonnamment formelle. Rien d'extraordinaire, semble-t-il mais à l'époque, cela montre une révolution dans l'équitation. Pourquoi ? Car c'est en ce même siècle que nait l'art équestre. Regardons ce cheval. La patte avant droite et la tête recourbée maintenue par le harnais sont les meilleures preuves de ce dressage artistique. Créé en Espagne, cet art du dressage est magnifié par les seigneurs d'Italie du Sud puis par les ducs de Toscane. Cosme 1er n'y échappe donc pas, d'autant plus que la Toscane est assujettie à l'Espagne et que Cosme était marié à Eléonore de Tolède. Comme quoi, parfois, une statue peut révéler beaucoup sur une époque.


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