Le crucifix peint par Cimabue

Fresques de piero della francesca a la basilique st francois

Le crucifix peint par Cimabue

Et maintenant, dirigez-vous vers le fond de l’église. Chemin faisant, regardez sur le mur droit de la nef. Là, en passant, vous verrez les quelques fresques qui survivent de Spinello aretino et de son école. Puis vous vous rendrez tout au fond devant le grand crucifix qui se trouve dans la chapelle centrale.

Cet exceptionnel crucifix a été peint vers 1270 par Cimabue, ce grand maître de l’école toscane. Il est tout à fait représentatif de ces grandes croix peintes que l’on réalisait au 13ème siècle, de par sa taille et sa forme. Portez votre attention sur lui. Voyez le christ tout d’abord. Et voyez comme il semble assoupi. De ses mains et de ses pieds, on voit couler son sang. Et son corps s’est affaissé. Notez comme l’artiste a souligné ses masses musculaires : en cela, il est un des premiers artistes à se dédouaner de la tradition byzantine. En effet, le christ n’est pas figuré d’une manière hiératique, ou raide, mais au contraire, on insiste ici sur sa dimension humaine. Regardez maintenant aux extrémités des bras de la croix : sont représentés la Vierge et Saint-Jean. L’un et l’autre sont éplorés devant ce christ de souffrance. L’expression de chagrin, un sentiment bien humain, est là aussi un signe de modernité face à la tradition byzantine. Voyez comme ces 2 personnages soutiennent leur visage dans leur main, comme leur regard est triste. Et même, regardez bien les yeux de la vierge : on voit sortir un flot de larmes. Autres éléments de modernité : les boucles des cheveux du christ et la souplesse des plis du linge qui lui couvre les hanches. Remarquez comme ces plis sont représentés avec élégance et retombent avec naturel. Le fond de la croix est formé d’un décor de losanges alternativement noir et rouge. Cet ensemble très décoratif rappelle les motifs et les couleurs des textiles précieux et chatoyants importés d’orient et qui séduisaient tant les marchés occidentaux. Et enfin, en haut dans un médaillon, trône la figure du christ bénissant.


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