L’histoire des Adamites

Fresques de piero della francesca a la basilique st francois

L’histoire des Adamites

Entrons maintenant dans la chapelle afin d’y regarder les différents épisodes de cette légende.

Nous sommes face à la fenêtre. Regardons la 1ère scène qui se déroule sur le mur de droite. Elle se situe tout en haut, à l’intérieur de cette surface de forme ogivale qu’on appelle une lunette. Pour mieux suivre, placez-vous près du mur qui est en face, c'est-à-dire placez-vous près du mur de gauche quand vous regardez la fenêtre.

Vous y êtes ? Vous regardez cette 1ère scène ? Bien ! Décrivons-la : il s’agit de l’histoire des Adamites, c'est-à-dire de la famille d’Adam. 3 phases du récit sont inscrites dans un même paysage. Portez votre regard sur la droite de la composition. Assis sur le sol, vous voyez un vieil homme. Il s’agit d’Adam. Regardez derrière son dos maintenant, une vielle femme aux seins tombants représente Eve. Face à elle, s’appuyant sur un bâton et nous tournant le dos, c’est Seth, leur fils. Maintenant, regardez à l’opposé, sur le côté gauche : on assiste à l’enterrement d’Adam, étendu sur le sol. Enfin, la 3ème phase du récit se distingue dans le fond, entre les 2 scènes précédentes. On assiste à la rencontre de Seth et de l’archange Gabriel. C’est là que l’Archange donne les graines de l’arbre de la connaissance à Seth.
La mort d’Adam est, rappelons-le, la 1ère mort de l’humanité. Cette scène est donc dramatique. Le drame se note dans les attitudes de chagrin qui se dégagent des personnages. Portez votre regard sur la droite : vous voyez Eve et son air d’accablement. Seth, quant à lui, nous cache son visage pour nous dissimuler sa douleur. Enfin, regardez à gauche. Dans la scène de l’inhumation, on voit une femme qui lève ses bras vers le ciel et crie. Seul ce personnage laisse exploser son désespoir. Vous notez comme elle l’exprime en silence. On trouve ici une des caractéristiques de l’art de piero della Franscesca, à travers la dignité, l’impassibilité des personnages, installés dans un monde de silence. D’ailleurs, le caractère dramatique nous semble ainsi plus fort. Car on sent que le chagrin emplit les personnages et c’est notre imagination, à nous spectateurs, qui fait le reste du travail de représentation de la douleur. Chacun projette sa vision de la douleur sur la scène qu’il voit. Alors que si l’artiste nous avait représenté les personnages dans des gestes de douleur et de tristesse, il nous semble que le rendu aurait été moins fort.


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