La découverte et la vérification de la vraie croix

Fresques de piero della francesca a la basilique st francois

La découverte et la vérification de la vraie croix

Portez maintenant votre attention sur la scène située immédiatement à gauche, sur le grand mur gauche de la chapelle. Il s’agit de l’épisode qui suit chronologiquement la torture de l’Hébreu, qui conduira à la découverte et à la vérification de la vraie croix. C’est ici une des compositions les plus monumentales et les plus complexes de Piero della Francesca.

Décrivons la scène : à gauche, au 1er plan, en présence de l’impératrice Hélène, les 3 croix sont exhumées, dans un champ labouré, aux portes de Jérusalem. Il faut sûrement lire dans cette représentation de la ville, une image d’Arezzo, serrée dans ses murailles. Relevez le digne maintien des hommes à droite de ce groupe. L’un s’appuie sur le manche de sa pioche, l’autre sur une croix exhumée. Le dernier tient noblement sur l’épaule son instrument de travail. Piero combine à merveille élégance de ces personnages, qui ne sont que des manœuvres, et solennité. Ils donnent son idéal humain : ils sont sains, forts, aux expressions sereines, aux gestes calmes et mesurés ; tout cela ira en s’affirmant dans son art. On retrouve ses merveilleux accords de couleurs: voyez les vêtements vert et rose des 2 hommes du centre. A droite, on voit une scène urbaine qui répond à la scène rurale. Regardez maintenant sous le temple de vénus : on voit Hélène et sa suite. Ils sont agenouillés et assistent au miracle de la résurrection d’un jeune mort. C’est le miracle qui permet de reconnaître la vraie croix parmi les 3 du calvaire. Cette partie est remarquablement traitée. Notez de quelle manière la croix sort du tableau en une longue diagonale qui donne toute sa profondeur à l’espace. Portez votre regard sur la représentation des 3 hommes qui arrivent de la droite, coiffés d’étonnants couvre-chefs à la grecque, vus à Florence lors du concile. Notez comme il joue avec la valeur plastique des chapeaux aux formes cylindriques et pyramidales. Même dignité, même retenue, même accord chromatique. En particulier, concentrez-vous sur l’homme au haut chapeau vert et au vêtement rose. Vous le voyez ?? et bien, remarquez bien ce jeu magnifique d’ombre et de lumière sur son vêtement. À travers ce simple fragment, on mesure l’immensité du talent de piero della Francesca. Enfin, regardez tout à droite, derrière les 3 hommes aux beaux chapeaux. Notez l’impeccable jeu de perspective dans l’alignement des façades. Notez aussi leurs jeux de couleurs, et voyez comme le retour blanc de la seconde façade, celle qui est rendue dans la couleur brique, offre une bande claire qui dynamise l’ensemble.


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