Héraclius contre Chosroès : la 2ème bataille de l’histoire de la croix

Fresques de piero della francesca a la basilique st francois

Héraclius contre Chosroès : la 2ème bataille de l’histoire de la croix

Regardez juste en dessous, un épisode qui se déroule 3 siècles plus tard, au début du 7ème siècle. Il s’agit de la 2ème bataille de l’histoire de la croix: celle d’Héraclius contre Chosroès

De nouveau, 2 scènes bien distinctes même si l’artiste en a privilégié une. Vous voyez que presque tout l’ensemble de la composition fait place à la bataille, tandis que, tout à fait à droite, se déroule la décapitation de Chosroès. Un petit point d’histoire tout d’abord. C’est en 610 que le général Héraclius devient empereur. Il va fonder la dynastie des Héraclides après avoir chassé de Constantinople le tyran Phocas. Sous son règne, l’Empire romain d’orient se transforme en empire byzantin, de l’ancien nom de sa capitale, Byzance à cette époque appelée Constantinople. Mais la capitale est menacée au nord par les Avares, au sud par les Perses Sassanides. En 614, Chosroès 2 assiège et prend Jérusalem. Il détruit par le feu toutes les églises, y compris celle de la Résurrection qui possédait une précieuse relique. C’est en effet en ce lieu qu’Hélène, mère de Constantin, y avait déposé la vraie croix. Les Perses l’emportent à Ctésiphon, au coeur de leur empire. Héraclius poursuit Chosroès, et défait son armée devant Ninive, en Mésopotamie. Chosroès moura assassiné par son propre fils et non décapité comme le dit la légende dorée. Maintenant, regardez la fresque : on voit bien qu’à l’inverse de la précédente scène de bataille qui se présentait comme une parade militaire, on assiste ici à un véritable affrontement. Les mouvements sont suggérés par l’enchevêtrement des corps en proie à une lutte sans merci ; les membres sont contractés, les chevaux se cabrent, mais toujours dans le silence.

Regardons en particulier le cheval blanc au 1er plan qui se dirige vers la gauche de la composition. Maintenant, regardez juste au dessus de sa tête. Regardez dans le détail les extraordinaires casques rose et bronze que portent les soldats. Quelle subtilité dans les tonalités, quelle précision dans les détails ! Et voyez au-dessus du cheval blanc. On y voit un soldat qui a l’air de nous regarder. Vous le voyez ? Alors que les autres n’ont pas trop d’expression, celui-ci affiche comme un sourire en coin qui dénote avec l’atmosphère de bataille. Là encore, par ce sourire, il semble ne pas être tout à fait à la bataille. Etre ailleurs.
Autre détail qui mérite d’être admiré : portez votre regard vers la droite et arrêtez le juste avant l’édicule. Vous voyez un homme renversé sur son cheval, car il vient de recevoir un coup de poignard dans le cou. Là encore, quel magnifique ensemble de couleurs et de détails. Notez le travail plastique et chromatique de son casque. Cette scène a été réalisée après le voyage de Piero à Rome. Le travail est plus savant. On s’en rend compte dans le rendu des 2 guerriers en cuirasse, à gauche de la composition. Voyez de quelle manière l’artiste restitue les éclats brillants de lumière sur les cuirasses. Tournez à présent votre regard sur la droite de ce tableau : on y voit la décapitation du roi des perses. Derrière le souverain agenouillé, on note 3 personnages étrangers à la scène, de simples spectateurs. Il s’agit de 3 membres de la famille bacci, les commanditaires : Ce sont ces personnages qui portent des vêtements du 15ème siècle.


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