Les monts de la Sierra Nevada

Grenade : le quartier de l'albaicin

Les monts de la Sierra Nevada

Nous allons maintenant décrire le panorama qui s’offre à nous depuis le mirador San Cristobal où nous nous trouvons. Vous êtes désormais face à la vue d’une grande partie de la ville et des paysages qui l’environnent. Considérons en premier lieu l’arrière-plan de la ville afin de comprendre le site et la situation particulière de Grenade, une ville à la fois enserrée par de hautes montagnes et ouverte sur une large plaine. Ces hautes montagnes, c’est la Sierra Nevada et cette plaine, c’est la plaine de la Vega.

Depuis cette terrasse où nous sommes, sur notre gauche, nous pouvons voir les contreforts et les premiers monts de la Sierra Nevada, distants d’une trentaine de kilomètres de la ville. Il s’agit de la chaîne montagneuse la plus haute d’Espagne, connue pour ses neiges permanentes d’où son appellation de « Chaîne enneigée ». Le mont Mulhacen, qui domine l’ensemble, culmine à près de 3500, mais la Sierra possède de nombreux sommets aux formes plus douces et aplanies. Cette montagne offre non seulement un écrin somptueux à la ville, mais elle est également chargée d’histoire, tout particulièrement son col appelé « Soupir du Maure ». Pourquoi est-il appelé ainsi ? Et bien, n’hésitez pas à lire ou relire à ce propos « Les Aventures du dernier Abencerage » de François-René de Chateaubriand qui dans ses premières lignes rend merveilleusement bien la nature dramatique du départ du dernier sultan.
Nous sommes alors en 1492 et le sultan Abou-Abdala-Mohammed, dont le nom est hispanisé en Boabdil, quitte sa ville de Grenade qu’il laisse aux Rois Catholiques. Il s’enfuit à travers un des cols de la montagne pour gagner le Maroc.
Et ainsi, débute cette longue nouvelle de Chateaubriand : « Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d’abandonner le royaume de ses pères, il s’arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé, on découvrait la mer où l’infortuné monarque allait s’embarquer pour l’Afrique ; on apercevait aussi Grenade, le Vega et le Genil, au bord duquel s’élevaient les tentes de Ferdinand et d’Isabelle. A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère, qui l’accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit : « Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme. » Ils descendirent de la montagne, et Grenade disparut à leurs yeux pour toujours. »
Et voilà, vous savez maintenant pourquoi ce col s’appelle « le soupir du Maure ».


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