Les Remparts de l’ancienne Alcazaba

Grenade : le quartier de l'albaicin

Les Remparts de l’ancienne Alcazaba

En restant à la même place, changeons notre angle de vue pour nous intéresser maintenant au paysage urbain du premier plan de notre vue panoramique. Le regard bien droit, vous apercevez facilement les vestiges des murailles du 11e siècle, de couleur ocre, qui protégeaient l’ancienne Alcazaba, c’est-à-dire le palais-forteresse où vivaient les émirs. De ce palais fortifié, il ne reste rien d’autre que cette partie de remparts massifs aux créneaux bien découpés. Ces remparts font partie des plus vieux témoignages de la ville musulmane de Grenade. Ils nous rappellent que le centre politique de la ville ne fut pas toujours placé sur la colline de l’Alhambra. Ce palais que l’on doit imaginer et ces remparts encore visibles ont été édifiés par des roitelets berbères, du clan des Zirides.

Au 11e siècle, le territoire ibérique dominé par les Arabes et les Berbères au Moyen Age porte le nom arabe d’al-Andalus. Nom qui a donné celui de la région où vous vous trouvez actuellement l’Andalousie. Al-Andalus est un territoire dont la superficie a beaucoup varié entre le début et la fin de la présence musulmane, c'est-à-dire entre 711, date de la traversée du détroit de Gibraltar par les Arabes et Berbères et 1492, date de la chute du royaume de Grenade. Du 8e au 10e siècle al-Andalus occupe les 4/5ème de l’Espagne et du Portugal actuels. À partir du 13e siècle, face à l’avancée de l’opération de Reconquête menée par les souverains chrétiens, al-Andalus n’occupe plus qu’1/3 de la péninsule ibérique. Enfin aux 14 et 15es, al-Andalus se confond avec le petit royaume de Grenade, ce qui représente environ la moitié de la région actuelle de l’Andalousie. Il faut donc retenir que, pendant 700 ans environ, les Arabo-Berbères ont dominé un territoire à géométrie variable, aux frontières très mouvantes. Du 8e au 10e siècle, ce territoire est géré d’une façon centralisée par la puissante dynastie arabe des Omeyyades, depuis la capitale de Cordoue. Cette dynastie était prestigieuse, car elle avait régné au Proche-Orient depuis Damas avant d’y être chassée par la dynastie concurrente des Abbassides. Les intrigues de palais, la montée en puissance des vizirs, sorte de « premier ministre » conduisent à la chute de la dynastie des Omeyyades, à la fin du 10e siècle. Nous voici donc arrivés à l’époque de la construction de nos remparts ! C’est une période où al-Andalus est très divisé politiquement. Le pouvoir s’émiette en une multitude de communautés autonomes, 26 « taïfas » ou petits royaumes dirigés soit par des tribus arabes soit par des tribus berbères. Chaque clan a une aire d’influence limitée à une ville et ses environs. Le taïfa des Zirides, un clan d’origine berbère, a autorité sur la ville de Grenade et choisit un site en hauteur pour édifier son palais-forteresse. Au 11e siècle, le quartier de l’Albaicin est ainsi le siège du pouvoir ziride.


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