L’extérieur du Palais de Charles V

Grenade : visite de l'alhambra

L’extérieur du Palais de Charles V

Les travaux furent confiés à l’architecte espagnol Pedro Machuca, artiste représentatif de son époque car il était à la fois architecte et peintre de retables et qu’il nourrit son œuvre de l’exemple italien. Il conduit les travaux jusqu’à sa mort, soit de 1526 à 1550 et contribue ainsi à introduire la Renaissance italienne à Grenade. Deux caractéristiques nous permettent de le voir : les motifs choisis pour la façade d’une part et le plan d’ensemble d’autre part. Vous ne pouvez pas encore vous en rendre compte mais le choix du plan d’ensemble est original,  il s’agit d’un carré parfait enserrant un rond parfait. L’art des proportions et des formes épurées était un souci constant des architectes antiques, qui fut repris par les architectes de la Renaissance.

Notons que le matériau utilisé était la pierre. Ce n’est pas anodin. La construction arabo-andalouse et la construction mudéjar dans les terres reconquises de Castille ont très largement employé la brique. Le retour de la pierre est donc porteur de sens et marque la fin d’une période d’échanges artistiques entre chrétiens et musulmans. D’autre part, l’usage de la pierre qui est fait ici donne d’emblée un air de grandeur et de majesté au palais. En effet pour obtenir de si grandes pierres de taille, cela nécessite une pierre de très grande qualité.

Regardons maintenant de plus près les deux parties de cette façade, clairement délimitées par une puissante corniche. La partie inférieure décorée selon ce que l’on appelle la technique du bossage est tout à fait caractéristique d’un apport du goût italien. Ces gros blocs de pierre sont taillés en saillie et confèrent un grand relief et un aspect massif aux murs du quadrilatère. On retrouve cette technique au palais Pitti à Florence, à l’hôtel de la Monnaie à Venise et dans de nombreux palais romains du 16ème siècle. L’ensemble est allégé par une double rangée de fenêtres, les unes « en œil de bœuf », de forme ronde, les autres de forme rectangulaire sans encadrement. On retrouve un goût pour les formes géométriques épurées. Remarquez un détail assez curieux sur cette partie basse, les anneaux de fer disposés avec régularité avant chaque fenêtre. Ils sont d’ordinaire destinés à attacher le cheval du noble qui rendrait visite à la Cour, cependant ils sont ici positionnés bien trop haut. Ils n’ont donc rien d’utilitaire et sont purement décoratifs. Très habilement, Pedro Machuca a préféré un motif plus élégant et élancé pour la partie supérieure du palais afin de ne pas lui donner l’aspect d’une forteresse. Le rythme est ici donné par des pilastres, ces colonnes plates qui dépassent à peine du mur, et l’ornementation est assurée par l’alternance de frontons triangulaires et de linteaux au-dessus des fenêtres.
Chacun des murs du palais comporte une entrée qui s’épanouit sur les deux niveaux et qui est ornée de bas-reliefs. Les médaillons latéraux de la partie supérieure représentent des travaux du héros grec Hercule, le blason de l’Empire s’affiche au centre, tandis que les médaillons de la partie inférieure narrent une des grandes victoires de Charles V contre la France de François Ier, la bataille de Pavie (1525).


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