Jizô

Kyoto : visite de kyomizu dera

Jizô

Retournez-vous maintenant, et gravissez les quelques marches qui conduisent à la pagode, ce haut bâtiment rouge de trois étages.

Voilà, vous y êtes ! Posez-vous bien sur vos jambes, et levez la tête ! Impressionnant non ! Ces toits superposés semblent vous écraser ! Mais avant de vous attarder sur l’architecture de ce bâtiment, baissez les yeux, et approchez-vous de la petite statue de granit protégée par un petit toit de bois à double pente. Vous ne pouvez pas vous tromper : elle est face à vous, devant la barrière de pierre qui vous sépare de la pagode. Elle est étrange dans sa simplicité ! Ne serait-ce pas l’image d’un moine figé dans la pierre ? Peut-être ? Un détail peut néanmoins vous surprendre. Non ? C’est cela ! Vous remarquez que le personnage porte autour du cou une pièce de tissu qui ressemble étrangement à un bavoir que l’on met autour du cou des bébés ! Et bien, c’est bien cela, il s’agit bien d’un bavoir ! Mais pourquoi donc ? Ce personnage est l’un des plus populaires du Japon : il s’appelle « Jizô ». Très facilement reconnaissable, il porte presque toujours autour du cou un bavoir de couleur rouge, et parfois un petit bonnet (une sorte de charlotte) ou encore un petit tablier de même couleur. Il est vêtu comme un moine, et un détail morphologique très spécifique le caractérise : sa tête a la forme d’un œuf ! C’est un bodhisattva ! Autrement dit un être de profonde compassion, un être de lumière qui guide les êtres en attendant la venue du Bouddha du futur, Maitreya, celui de l’âge d’or. C’est la divinité la plus accessible, la plus simple, et la plus attendrissante. Les parents lui demandent de protéger leurs enfants, et pour cela l’habille de bavoirs et de petits tabliers de couleur vive. On le rencontre très souvent : au bord des chemins, dans les cimetières par exemple. Pourquoi dans les cimetières ? Et bien parce que le Jizô doit protéger l’âme des enfants morts-nés, avortés ou morts en bas âge. En fait, chaque mère peut acquérir une statuette de JIZO et en prendre soin dans le temple : elle l’habille, lui apporte des jouets, des bonbons…La popularité de cette divinité est liée aussi au fait que l’avortement était une pratique très courante, sur laquelle ne pesait aucun tabou. Il faut savoir qu’au Japon, la contraception orale n’est autorisée que depuis l’année 2007.
Généralement, ce qui n’est pas le cas ici, le Jizô tient un sistre dans la main droite et une boule dans la main gauche. Un sistre est une sorte de long bâton de pèlerin dont la partie supérieure est garnie d’anneaux qui s’entrechoquent en marchant : l’on dit que le son qu’ils produisent réjouit et, surtout, apaise les fidèles. La boule qu’il tient dans la main gauche symbolise le joyau qui exauce tous les désirs. Ce personnage, vous le rencontrerez encore fréquemment au cours de votre promenade.


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