Le pavillon Tamoura-do

Kyoto : visite de kyomizu dera

Le pavillon Tamoura-do

Maintenant, avancez de quelques mètres, et arrêtez-vous quelques instants devant le pavillon suivant.
Le pavillon devant lequel vous êtes désormais est le hall du fondateur du temple de Kiyomizu-dera. Regardons sa toiture : elle est très élégamment recouverte d’écorces de cyprès. Regardons son socle à présent : comme vous le remarquez, deux lanternes de pierre encadrent l’escalier qui permet d’accéder à cette salle. Comptez le nombre de marches de cet escalier ! 1,2,3,4,5,6,7,8…eh oui, le compte est bon…il y a bien 9 marches ! Vous savez désormais qu’il ne s’agit pas d’un hasard mais du chiffre divin par excellence ! Ce pavillon – restauré au 17iéme – est appelé « Tamoura-do ». Le terme « do » signifie « hall », et « Tamoura » fait référence de manière simplifiée au nom du fondateur de Kiyomizu-dera : il s’agit de Sakanoue Tamouramaro. Plus simplement, Tamoura. L’histoire de ce pavillon est particulièrement intéressante car elle se marie avec celle du Japon. Le bâtiment originel aurait été démonté, déplacé de l’ancienne capitale Nagaoka pour être remonté en ce lieu au tout début de la période dite de Heian au 9iéme siècle. La période de Heian est celle au cours de laquelle la nouvelle ville de Heiankyô –l’ancêtre de Kyoto-fut choisie comme capitale. Pourquoi ce changement de capitale ? Et bien, vous vous souvenez que le Bouddhisme fut introduit au Japon vers le milieu du 6iéme siècle. Son apport fut d’une valeur inestimable, mais l’Eglise bouddhique finit par entrer en conflit avec l’Etat et la cour impériale, sa protectrice. Processus classique rencontré en Occident avec la religion chrétienne. Ainsi, au Japon, les temples construits sous la protection de l’empereur s’enrichirent et accrurent leur pouvoir; et le clergé finit par exercer une influence profonde sur les affaires séculières. À tel point que la cour décida de se libérer de ses pressions intempestives. Et l’empereur Kammu, pour changer d’air, et repartir sur des bases nouvelles forme alors le projet de déplacer la capitale. En 794, un site est sélectionné. Il est protégé par des montagnes au nord et est relié aux plaines fertiles de Nara et d’Ôsaka. La nouvelle capitale fut baptisée Heiankyô, « capitale de paix et de tranquillité ». Le choix d’une nouvelle capitale ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de l’art du Japon : c’est celui de l’époque dite de Heian. Le bâtiment que vous voyez, malheureusement fermé aux visiteurs, conserve l’image de Gyôei, et celle de Enchin dont nous avons parlé tout à l’heure. Le vieillard Gyôei et le moine Enchin sont, comme vous le savez, à l’origine du choix du site.


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