La salle d’Amida

Kyoto : visite de kyomizu dera

La salle d’Amida

Revenez maintenant sur vos pas, et approchez-vous du 2iéme pavillon.
Le pavillon devant lequel vous êtes maintenant est appelé “la salle d’Amida” ou « Amida-dô » en japonais. Mais qui est cet Amida ?
Amida, donc, est un des multiples Bouddha de la mythologie bouddhique. On le nomme en sanscrit : « Amitâbha » ou “Lumière Infinie” ; ou encore « Amitâyus », “Vie Infinie”. Pour résumer, disons qu’au cours du début de notre ère la philosophie bouddhique s’est élargie au point de ne pas se limiter à considérer notre univers, mais à élargir sa réflexion à la totalité de l’espace. Cette nouvelle vision tourne alors les espoirs vers des mondes situés à d’infinies distances où prêchent des Bouddha près desquels on ambitionne d’aller renaître. Toutes les directions de l’espace sont concernées. Amida, version abrégée d’Amitâbha, préside à celle de l’Ouest. Un domaine qualifié de “Bienheureuse” ou de “Terre Pure”. En 1188, très précisément, dans le bâtiment devant lequel vous êtes, le moine Hônen, fondateur de l’école « jodo », initia pour la première fois les fidèles à la pratique d’un nouveau courant religieux nommé “Amidisme”. C’est dire l’importance de ce lieu ! Le culte du Bouddha Amida, justement, demandait aux fidèles de répéter inlassablement avec piété l’invocation « Namu Amidabutsu » (“Au nom d’Amida”) afin d’être admis dans son bienheureux Paradis d’Occident après la mort. Cette nouvelle Foi (la Foi en la Terre Pure) s’élabora en réaction contre des courants bouddhiques ésotériques trop difficiles à comprendre et à pratiquer pour l’humanité. Le succès fut foudroyant, cette nouvelle foi gagna toutes les couches de la société japonaise, et fut, surtout, à l’origine de l’aspect le plus séduisant de l’art japonais durant la seconde période de l’époque de Heian (894-1185). Au fond de la salle, vous apercevez, donc, dans une semi obscurité le Bouddha Amida. En bois doré, auréolé, et inscrit dans une mandorle (cette forme ovale) ornée de multiples Bouddha; il est assis dans la position du lotus, ses mains effectuant le geste de la méditation (plus précisément celui de la concentration). Sa forme répond aux caractéristiques classiques des images de Bouddha qui font de lui un personnage à part, très différent des autres hommes. C’est avant tout une image symbolique qui résume les bases essentielles de la philosophie bouddhique. Son image nous propose, en effet, des indications très spécifiques et bien étranges pour le physique d’un homme “normal”. Parmi celles-ci, regardez son cou. Que remarquez-vous ? Regardez bien. Rien ? Mais si, son cou comporte trois plis ! Ce n’est pas un hasard ! Le sculpteur s’est bien appliqué à les indiquer. Il s’agit là, bien sûr, d’un symbole; d’un rappel en quelque sorte des trois bases majeures du Bouddhisme (que l’on appelle, d’ailleurs, “les Trois Joyaux”). Premièrement : le Bouddha, créateur de cette nouvelle philosophie; deuxièmement : la Loi bouddhique dont nous avons déjà parlé, et enfin troisièmement : la Communauté de moines garante de la pérennité du Bouddhisme. Allez, cherchez maintenant un autre détail, disons, bizarre ! En voilà un ! Un point en relief au-dessus des sourcils ! C’est, en effet, aussi l’une des caractéristiques de son image. Vous pouvez l’assimiler au “Troisième oeil”, celui qui voit tout et partout. On appelle cette marque frontale : ûrnâ ; elle indiquerait sa prédestination à l’Eveil. Notez, tout de même, que ce Bouddha est assisté de deux personnages appelés respectivement Nikkô-bosatsu (à sa gauche) symbolisant la Lune et Gakkô-bosatsu (à sa droite) symbolisant le Soleil. Prenez le temps de regarder.


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