La célèbre porte de Brandenbourg

L'avenue unter den linden

La célèbre porte de Brandenbourg

Et maintenant, tournez-vous à nouveau vers la porte de Brandebourg. C’est l’un des symboles de Berlin et le symbole de la réunification allemande. Si vous regardez les pièces de centimes d’Euros que vous avez peut-être obtenues depuis votre arrivée dans le pays, vous constaterez que la porte est reproduite au revers de ces pièces. C’est dire l’importance de cette porte pour les Allemands ! Nous avons tous en tête les images retransmises dans le monde entier des événements du 22 décembre 1989 et des immenses retrouvailles entre les Berlinois de l’Est et de l’Ouest sous cette arche ou bien plus tragiquement des défilés des troupes d’Adolph Hitler passant entre ses colonnes.
En regardant la Porte, vous pensez sans doute à un immense arc de triomphe comme vous en connaissez à Paris ou à Rome. La majesté du monument avec ses hautes colonnes supportant une frise antique impose le respect et vous impressionne certainement. Pourtant, elle ne s’ouvrait pas à l’origine sur une voie triomphale pour les défilés militaires, mais marquait simplement les limites du Berlin ancien et fermait l’avenue Unter den Linden, devenue une sorte de voie royale. Cette porte servait autrefois d’octroi à Berlin. Le passage central était réservé aux calèches de la famille royale, tandis que l’un des pavillons était occupé par la garde et l’autre servait aux agents de la douane. Et donc, il ne faut pas oublier que cette Porte berlinoise n’était qu’une porte de ville et non un monument à l’honneur de la Nation ! et qu’il est assez logique que des bâtiments lui soient accolés, à la différence d’un arc de triomphe parisien qui, dans son splendide isolement, devait magnifier les exploits des armées de la Nation.
Revenons à ses origines. La porte fût inaugurée en 1792. L’architecte Carl Gotthard Langhans a créé ici l’un des 1ers bâtiments néo-classiques d’Allemagne.
Voyez ces colonnes doriques caractérisées par l’absence de soubassement, par de larges cannelures et par un chapiteau d’une grande simplicité. Elles rappellent naturellement celles de l’Acropole à Athènes.
Regardez aussi, au dessus des colonnes, une suite de petits tableaux en bas-relief. Ils représentent des combats entre des centaures et des hommes nus.
La porte est surmontée d’un quadrige, un char tiré par quatre chevaux, inspiré là encore de l’Antiquité classique. Levez les yeux pour admirer la frise de la corniche. Certaines femmes tiennent des rameaux d’olivier où des guirlandes de fleurs, l’une d’entre elles est ailée et symbolise la victoire, un homme tient une massue. Il s’agit naturellement d’Hercule. L’ensemble est une allégorie du triomphe, de la gloire et de la Victoire des arts, de la justice et des armes.
Ce monument est typique de la fin du 18e siècle qui était très marquée par le retour à l’Antiquité grecque et romaine. Cela s’explique par le goût du commanditaire de cette porte, le roi Frédéric Guillaume 2. Celui-ci avait succédé à son oncle, Frédéric 2 surnommé le Vieux Fritz. Jusqu’à sa mort, le vieux Fritz restera fidèle au Rococo, ce style plein de fioritures que vous rencontrerez en bas de la rue et qui était totalement démodé depuis les années 1760. A l’inverse, Frédéric-Guillaume 2 souhaitait un renouveau architectural de la Prusse.
Revenons au puissant quadrige de cuivre sur lequel se dresse une déesse victorieuse en toge, couronnée de laurier et tenant une longue hampe avec la croix de fer.
Cette œuvre connut une histoire chargée de symboles. Lorsque Napoléon 1er prit la ville en 1805, la monumentale sculpture fut envoyée à Paris comme butin de guerre. En 1814, après la chute de Napoléon, le quadrige fut ramené triomphalement à Berlin et reçut les honneurs sur l’avenue Unter den Linden. L’œuvre originale ayant été détruite, l’actuel groupe qui domine la porte est une copie réalisée après la Seconde Guerre après un accord entre les autorités de l’est et de l’ouest. Berlin Ouest payait pour l’œuvre, mais Berlin Est avait son mot à dire dans la mesure où la porte de brandebourg était à l’Est. Ainsi, les autorités communistes refusèrent de voir la déesse victorieuse tenir la hampe avec l’aile et la croix prussienne. Ces éléments ont été ajoutés après 1990.


<< 3 - Historique de l’Aven...         5 - La place de Paris, u... >>

Sommaire complet du dossier :