L’hôtel Adlon, un bâtiment de légende berlinoise

L'avenue unter den linden

L’hôtel Adlon, un bâtiment de légende berlinoise

Maintenant, regardons le bâtiment jouxtant l’académie et que vous reconnaissez à sa toiture verte. Il fait partie des légendes berlinoises. Il s’agit de l’hôtel Adlon. Cet hôtel marque le début de l’avenue Unter den Linden puisqu’il correspond au numéro 75-77. Rendez-vous devant son entrée précédée d’un auvent et d’un tapis.

Regardez la façade, elle est très régulière et sans grande décoration à l’opposé des grands hôtels parisiens. Néanmoins, vous pouvez remarquer qu’elle reste très imposante grâce à ses alignements réguliers de fenêtres, ses arcades du rez-de-chaussée et surtout à sa toiture verte de cuivre. Il y a un très joli jeu de couleurs entre les murs uniformément ocre et ce toit vert.
N’oublions pas que nous sommes en Prusse, pays protestant et donc assez réservé sur les signes extérieurs de richesse.
Un mot sur l’histoire de l’hôtel : il fut le premier établissement à but commercial ouvert sur l’avenue en 1907, et ce, par consentement spécial de l’empereur Guillaume 2. Il était «LE» Palace de la capitale comme le Ritz ou le Crillon à Paris. Ici descendaient les stars du cinéma muet travaillant au studio berlinois de Babelsberg, les aristocrates et les têtes couronnées comme le roi Édouard 7. Cet hôtel, un reflet du luxe d’avant-guerre, fut incendié en 1945 puis rasé. En 1990, la dernière héritière, Edda Adlon, vendit l’utilisation de son nom à la chaîne hôtelière allemande de luxe Kempinski qui décida d’édifier un nouveau palace à l’emplacement de l’ancien. La façade ancienne a été reconstruite plus ou moins à l’identique.
Et maintenant, gagnons la rue Wilhelm ( la Wilhelmstrasse) qui commence à l’angle de l’hôtel Adlon. Sur la droite, jouxtant l’Adlon au numéro 70 de la Wilhelmstrasse, vous pouvez admirer la façade très colorée de l’ambassade du Royaume Uni.

Cette ambassade a été inaugurée par la reine Elisabeth 2 en 2000. Il s’agit d’un bâtiment futuriste dû au londonien Michael Wilford dont les éléments les plus visibles sont une avancée des fenêtres de couleur bleu pâle et un énorme pilier métallique violet. D’ailleurs, les couleurs doivent vous rappeler certaines tenues de sa gracieuse majesté ! Very british !
Traversez la Wilhelmstrasse et continuez tout droit sur l’avenue Unter den Linden jusqu’au numéro 63. Vous allez arriver devant de gigantesques grilles de bronze doré et de style néo-classique : il s’agit de l’entrée de l’ambassade de la Confédération Russe.

Vous êtes devant le N°63 ? Parfait.
Autrefois, on pouvait voir flotter le drapeau rouge avec le marteau et la faucille de l’URSS en haut de ce monumental édifice. Il fut achevé en 1953 par un collectif d’architectes selon le souhait de Joseph Staline. Il est un parfait exemple d’architecture soviétique. Le style est appelé «éclectique » par les Russes et « architecture de pâtissier » par les Allemands. A ce propos, regardez l’entrée : comme vous pouvez le voir, le principe est de superposer les éléments comme pour une pièce montée. En plus, les architectes russes utilisaient uniformément la pierre blanche et les décorations de stuc, comme le ferait un pâtissier avec des aplats de chantilly. Cela dit, la base d’inspiration est classique et même néo-classique : voyez la régularité des formes, l’utilisation de ces grandes colonnes et ces ornements décoratifs formés de couronne de laurier et de guirlandes de feuilles d’acanthe. Alors quel nom donner au style présent sous nos yeux ?
Généralement, quand un style du passé est repris, on fait du « néo-quelquechose ». Par exemple, si on s’inspire du gothique, on appelle le style ainsi obtenu le néo-gothique. Ici, l’architecture soviétique a reproduit le style néo- classique alors on devrait appeler ce style : du néo-néo-classique.


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