La place des gendarmes : Gendarmenmarkt

L'avenue unter den linden

La place des gendarmes : Gendarmenmarkt

Après avoir flâné dans ce « quartier 206 », ressortez du passage par la même porte et tournez à droite dans la Jägerstrasse.
Au bout de la rue, vous trouverez la plus belle place de Berlin : Der Gendarmenmarkt, la place des gendarmes, avec ses deux magnifiques églises et son théâtre. Nous allons ici rencontrer pour la première fois la personnalité de Frédéric 2.

Vous êtes à l’entrée de la place des Gendarmes. Continuez tout droit pour vous placer au centre de la place, devant les marches du théâtre à côté de la Statue de marbre blanc de Frédéric Schiller. Il est représenté debout et jeune avec au pied du socle 4 figures féminines.

N’êtes-vous pas saisi par un certain charme méditerranéen devant ce bel espace ponctué par ses monuments classiques ? Admirez la belle symétrie de l’ensemble avec son grand théâtre central en forme de temple antique et les deux architectures surmontées d’une tour qui l’encadrent. Nous aurions presque le sentiment d’être transportés un instant dans la Rome baroque ! Cette partie de la ville correspond au quartier de Friedrichstadt (en Français « la ville de Frédéric ») qui fut fondé vers 1700 par le roi Frédéric Ier pour loger essentiellement les Huguenots français, c'est-à-dire les protestants français. D’ailleurs, au début du 18e siècle, 1/3 de la ville parlait français. Comment en est-on arrivé là ?: revenons en arrière dans le temps : nous sommes en 1598 et les guerres de religion ont déjà coûté 4 millions de morts à la France. Eh oui, on n’imagine pas aujourd’hui les ravages qu’ont produits ces guerres de religion. Le roi Henry 4 signe alors l’Edit de Nantes ou « édit de Tolérance » pour permettre à chaque communauté de vivre son culte. Mais en 1685, Louis 14 révoque l’Edit de Nantes et persécute les protestants –les Huguenots- qui partent en grand nombre vers Berlin où le grand électeur leur offre des conditions très favorables. D’ailleurs, un autre quartier de Berlin –le quartier de Moabite vient de l’expression « moi, j’habite »– et rappelle la présence nombreuse des Français.
Mais revenons sur le Gendarmenmarkt. Regardez l’église précédée d’une tour à dôme à votre droite.
Voyez-vous derrière la tour un bâtiment circulaire surmonté d’une large toiture et de forme modeste ? Devant ce temple, il y a un très agréable café avec chaises et tables à l’extérieur en été.
Il s’agit de l’église française. A cet emplacement fut édifié en 1685 un temple protestant d’après le modèle du temple de Charenton qui venait d’être incendié par les troupes du roi de France. Cet édifice, construit par les architectes Louis Cayard et Abraham Quesnay, se caractérisait par un intérieur d’un grand dépouillement. La décoration est très simple, car il s’agit d’une église huguenote qui suit les règles calvinistes. L’une d’elles est l’interdiction des images selon le second commandement biblique. De plus, le temple est malheureusement fermé sauf pour la messe
De l’autre côté de la place, soit à votre gauche, fut édifié symétriquement en 1703 un temple pour les luthériens de langue allemande. Ainsi étaient nés le « Dom » français et le « Dom » allemand. Le terme Dom qui s’écrit « D/ O/ M » signifie cathédrale en allemand, ce qui prête à confusion, car dans le cas de ces deux temples protestants, nous n’avons évidemment pas à faire à des cathédrales, titre typiquement catholique. En fait, leur nom est dérivé non pas de l’allemand, mais du français « dôme » (D/ O/ accent grave/ M/ E) au sens de coupole, tout simplement, car ils étaient couronnés d’une coupole.
Quant au nom de gendarmes, il vient également du français, car sous le roi Frédéric Guillaume Ier, le père de Frédéric 2, la place était fermée par les écuries de la garde du roi. Or ce sont les gendarmes, terme remontant à François 1er : les gens d’armes formaient la garde rapprochée du souverain.
Sous Frédéric 2, les écuries furent rasées, la place fut pavée et les deux édifices religieux munis en 1785 de leur tour à coupole haute de 70m.


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