Schauspielhaus, l’un des plus anciens théâtres de la ville

L'avenue unter den linden

Schauspielhaus, l’un des plus anciens théâtres de la ville

Maintenant, regardez le grand bâtiment en forme de temple antique qui se dresse devant vous derrière la statue de Schiller.
Vu la forme du bâtiment et la présence de la statue d’un dramaturge en bas des marches, vous avez certainement pensé qu’il s’agit d’un théâtre ! Eh bien oui ! Il s’agit du Schauspielhaus, l’un des plus anciens théâtres de la ville. Sachez d‘ailleurs qu’en tout, Berlin possède quelques 300 salles de spectacle, depuis l’opéra jusqu’à la cave voûtée.
Mais ici, à l’origine, vous aviez à cet emplacement la comédie française édifiée sur ordre de Frédéric 2 et destinée à ne monter que des pièces en langue française telles celles de Voltaire. En 1817, le bâtiment brûla complètement pendant une scène des Brigands de Schiller…et, d’ailleurs, c’était la scène de l’incendie, scène que la critique jugea particulièrement réussie. De 1819 à 1821, l’architecte Schinkel dont vous découvrirez de nombreuses autres constructions réalisa l’édifice actuel dans le style néo-classique.
Vous pouvez reconnaître facilement le style du bâtiment de Schinkel, car il s’inspire directement de l’architecture antique. Voyez, le théâtre possède un portique précédé de 6 grandes colonnes ioniques, caractérisées par une base simple, des cannelures séparées par des arêtes doubles et un chapiteau aux formes arrondies qui supportent un fronton triangulaire. L’escalier monumental rappelle un temple grec, allusion ici au temple des arts. A droite de l’escalier trône un fier lion en bronze accompagné d’un génie musicien tandis qu’à gauche, vous pouvez reconnaître une lionne. Cet escalier n’était pas l’entrée officielle. Le public entre par les côtés et l’escalier est seulement décoratif.
Et maintenant, regardez au sommet du second fronton triangulaire couronnant le bâtiment.
Vous voyez Apollon sur son char, le dieu protecteur des arts. Ce quadrige est dû au sculpteur Christian Daniel Rauch, l’un des maîtres de la statuaire berlinoise de la première moitié du 19e siècle et un ami de Schinkel. Pour rappeler encore plus l’antiquité, Schinkel a fait rajouter à droite et à gauche du fronton un immense brûle parfum en bronze.
Vous remarquez sans doute une grande originalité dans cette façade : il y a deux frontons superposés. Le premier, soutenu par les 6 colonnes, et le second un peu en retrait qui porte le char d’Apollon. Dans le fronton inférieur, Schinkel a fait sculpter en bas-relief les trois muses principales de l’art théâtral : Melpomene (Tragédie), Polyhymnia (Poésie) et Thalia (Comédie).
Le fronton supérieur, lui, a reçu l’histoire de Niobé. Cette princesse phrygienne avait donné naissance à 7 filles et 7 garçons. Alors que le peuple voulait rendre hommage à la déesse Latone, mère de 2 enfants, Niobé s’était moqué de la déesse en raison de sa faible descendance. Aussitôt, les 2 enfants de Latone, Phébus et Phœbé vengèrent leur mère en lançant leurs flèches sur les 14 enfants de Niobé. Fort bien !! fort bien !! mais quel est le rapport entre cette histoire et un théâtre ?? Est-ce une représentation d’une tragédie ??? ou bien d’une comédie ?? à vous de décider.
Si vous faites le tour du théâtre, vous verrez encore 2 frontons : celui du nord représente le triomphe de Bacchus et d’Ariane et celui du sud la libération d’Eurydice des enfers. Ces deux frontons se rapportent aux deux autres arts de la scène : Musique et Danse. Le thème de Bacchus et Ariane est mis en relation avec la danse en raison des fêtes orgiaques, tandis qu’Eurydice est un sujet musical, car la jeune femme sort des enfers en écoutant la lyre de son amant Orphée.
Le théâtre comme les deux églises fut bombardé pendant la guerre et il n’en restait que les murs extérieurs. Aujourd’hui il sert de salle de concert pour 1500 personnes et de siège à un orchestre philharmonique, mais non à la Philharmonie de Berlin, installée près de la Potsdamer Platz.
Erich Honecker y a connu les derniers honneurs et, peu de temps après, c’est Helmut Kohl qui y tint son premier discours de Chancelier de l’Allemagne réunifiée.
Il est possible d’obtenir des places de concert en entrant sous le porche faisant face au dom français. La caisse est au rez-de-chaussée.
Une dernière remarque avant de quitter cette place des Gendarmes. Si vous le désirez, vous pouvez entrer dans la tour de l’église française à votre droite afin d’admirer la structure de l’escalier et le carillon. L’entrée se fait au niveau des marches. Quelques salles sont consacrées à l’histoire des Huguenots, mais les explications sont uniquement en allemand et les objets exposés sont essentiellement des reproductions.


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