La Place Bebel de Berlin

L'avenue unter den linden

La Place Bebel de Berlin

Nous restons donc sur le trottoir du Guggenheim et continuons à notre droite à descendre Unter den Linden pendant quelques minutes pour arrivez sur la Bebelplatz que nous verrons à notre droite. Il s’agit d’une vaste place vide encadrée de bâtiments baroques sur 3 côtés.

Restez au niveau de la rue Unter den Linden en lui tournant le dos de manière à voir la place Bebel et regardez maintenant à votre droite le bâtiment marquant l’angle entre la place et l’avenue unter den Linden.
Vous voyez une façade régulière classique. Vous remarquez que son entrée est quasiment la seule décoration du bâtiment, car elle est surmontée d’un balcon, lui-même porté par 4 colonnes.
Ah tiens non, il y a également des aigles prussiens trônant aux angles de la toiture plate. Et en voyant ces aigles, vous devinez qu’il s’agit d’un bâtiment officiel lié à la famille royale. En effet, il s’agit de l’Altes Palais (l’ancien palais) construit autour de 1835 par Carl Ferdinand Langhans, le fils de l’architecte de la Porte de Brandebourg. Ce palais avait été commandé pour loger le prince Guillaume, le futur premier empereur. Et on est surpris d’apprendre qu’un membre de la famille royale logeait dans un palais qu’on imagine plutôt convenir à un riche financier. En fait, chaque prince avait son propre palais et vous allez en voir encore quelques exemples. Le souverain logeait, quant à lui, dans un immense château sur les bords de la Spree dont nous allons reparler.
Mais ce qui va vous surprendre encore plus, c’est d’apprendre qu’une fois devenu roi, puis empereur, Guillaume 1er choisit de continuer à résider dans ce palais et n’utilisa le grand château de ses ancêtres que pour les cérémonies et les affaires de l’État.
De la fenêtre de son bureau situé à l’angle sur la place Bebel, Guillaume 1er regardait chaque jour passer la garde. D’après la légende, il aurait même un jour dit au chancelier Bismarck, « il faut que j’aille à la fenêtre, car la population veut m’y voir depuis l’avenue ». Devant l’air interloqué de Bismarck, il rajouta «c’est écrit dans le Baedecker », qui est le guide touristique allemand de l’époque.
Regardez maintenant devant vous la place Bebel qui impressionne par ses dimensions.
La place Bebel est l’un des beaux complexes architecturaux de Berlin avec ses bâtiments du 18e siècle commandés par Frédéric 2. Cette vaste place était au centre du projet du roi de Prusse de créer un immense forum, imitant les grandes places de Paris ou Rome.

Voyez à votre gauche le bâtiment en forme de temple antique avec des statues sur sa balustrade. Il s’agit de l’Opéra qui ouvre sur l’avenue par une façade inspirée par l’architecte italien Palladio, le grand architecte vénitien du 16e siècle qui fut tant imité au 18e siècle. Admirez la délicatesse et l’originalité de cette façade qui fait plus penser à une villa italienne qu’à un théâtre. Elle présente une magnifique régularité des formes. L’ensemble repose sur un soubassement imitant la pierre de taille. De chaque côté du soubassement, une rampe conduit au premier étage sous un portique central supporté par 6 grandes colonnes corinthiennes qui portent un fronton triangulaire. Enfin, au sommet de la balustrade, vous pouvez admirer de graciles sculptures de divinités antiques et des muses.
Cet opéra est le 1er édifice construit par l’architecte Knobelsdorff. Un mot sur lui : Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff, un nom particulièrement difficile à prononcer pour les Français, était un ami personnel de Frédéric 2 qu’il connaissait depuis sa jeunesse. Peintre et architecte, il exaucera beaucoup des souhaits architecturaux du souverain. Nommé architecte en chef dès l’accession au trône de Frédéric en 1740, Knobelsdorff sera chargé de construire et d’aménager les appartements du roi au château de Charlottenbourg, au palais de ville de Potsdam et surtout, il est l’auteur du château de Sans-Souci à Potsdam, le séjour préféré du monarque. Les querelles entre les 2 amis étaient célèbres à Berlin.
A l’époque, la salle était la plus grande d’Europe et l’orchestre était démuni de sièges. . Alors, imaginez-vous 3 heures et demie à écouter un opéra tout en restant debout ! chose peu réaliste, vous en conviendrez. Qu’à cela ne tienne : il fut proclamé que l’orchestre était entièrement réservé aux militaires, plus entraînés et habitués à la station debout.
La vente publique de billet commença en 1789. Aujourd’hui l’opéra, détruit 3 fois dans son histoire, dont 2 fois pendant la Seconde Guerre, a retrouva son décor inspiré du 18e siècle.
L’intendant en est Daniel Barenboïm, tandis que sa troupe de Ballet dirigée par Vladimir Malakow, le danseur russe souvent comparé à Noureïev, est devenue l’une des grandes formations européennes. A l’époque du mur de Berlin, l’opéra était réputé pour ses représentations d’œuvres de Prokofiev et de Chostakovitch, œuvres alors peu jouées à l’ouest. N’hésitez pas à entrer. La caisse se trouve au rez-de-chaussée et vous pourrez assez facilement obtenir des billets pour le soir même ou le jour suivant.


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