La cathédrale catholique Sainte-Edwige

L'avenue unter den linden

La cathédrale catholique Sainte-Edwige

De là où vous êtes, regardez au fond de la place vers la gauche, vous voyez une étrange construction circulaire surmontée d’une imposante coupole de cuivre vert.
Il s’agit de la cathédrale catholique Sainte-Edwige qui fut construite entre 1747 et 1778 sur les plans de Knobelsdorff pour les catholiques originaires de Silésie. Vous pouvez vous approcher.

Peut-être pensez-vous à un panthéon romain ? Et vous faites bien ! Car le roi Frédéric 2, qui commanda ce bâtiment, avait une passion pour l’art italien comme vous avez pu le constater en regardant l’opéra. Il possédait beaucoup de gravures montrant des vues de Rome. Ainsi, une de ces gravures reproduisant le panthéon servit de modèle à cet édifice. Vous avez donc devant vous un édifice entièrement circulaire surmonté d’une haute coupole plate au sommet. L’entrée est bien détachée de l’ensemble grâce une façade plate presque collée contre le bâtiment. Elle se caractérise comme vous pouvez l’observer par 6 grandes colonnes portant un tympan triangulaire et entre lesquelles sont percées en alternance des portes et des niches. Ces dernières sont surmontées d’un bas-relief sculpté montrant des scènes de la vie du Christ.
Regarder attentivement sur les bas-reliefs, en particulier celui du fronton qui représente l’Adoration des Mages : quelle délicatesse ! 
Si vous vous posez des questions sur la religion à Berlin, sachez que la première religion pratiquée ici est le protestantisme luthérien. Pendant très longtemps la famille royale était elle-même calviniste, puis après la prise de la Silésie sous Frédéric 2, beaucoup de Polonais catholiques sont venus s’installer dans la ville qui était célèbre pour sa tolérance religieuse. Le roi Frédéric 2 et son successeur ne s’intéressaient pas aux problèmes de confession et étaient même plutôt d’obédience laïque, dirons-nous. Et la Prusse a toujours été, sauf naturellement sous Hitler, un îlot de tolérance. Même les Israélites furent très tôt acceptés avec des conditions particulières, mais non pas interdits comme ce fut le cas en Autriche ou en France jusqu’à Napoléon.
Pour Ste-Edwige, le roi offrit le terrain et l’église fut financée par des dons venus de toute l’Europe. Sa coupole a un diamètre de 40 m, mais ne fut achevée qu’en 1887, car la Prusse du 18e siècle ne disposait pas des moyens techniques suffisants pour construire une coupole à la fois très grande et très plate. Le panthéon de Rome fut certes construit plus tôt mais sa coupole s’élève beaucoup plus progressivement en hauteur et devient de plus en plus fine au fur et à mesure qu’on s’élève. L’église fut élevée au rang de cathédrale en 1929 pour l’évêché de Berlin.
Détruite pendant la guerre, puis reconstruite, l’intérieur est très simple, mais invite à la méditation. Mentionnons un de ses prêtres les plus célèbres : Bernhard Lichtenberg, qui plaida pour les juifs et proclama des sermons mettant en garde contre le régime nazi. Tant et si bien qu’en mai 1942, il fut arrêté et mourut pendant son transport vers le camp de Dachau. Des milliers de Berlinois suivirent ses funérailles, preuve de la méfiance réciproque entre l’Autrichien Hitler et les Berlinois. Le père Lichtenberg, béatifié en 1996, repose désormais dans une crypte creusée sous la cathédrale.
En allant jeter un coup d’œil à l’intérieur, vous pourrez voir à côté de la porte les horaires des messes et des concerts de musique sacrée.

Quand vous ressortirez de la cathédrale, allez devant le bâtiment situé à droite et qui ferme la place de ce côté.

Cette architecture semble écraser l’église de sa lourde façade de pierre grise scandée par de hautes, très hautes colonnes. Vous devinez sûrement que ce bâtiment ne peut pas être contemporain des délicieuses constructions équilibrées de Frédéric 2. Et bien vous avez raison. Pour autant, cela nous rappelle quelque chose…mais quoi ? Faisons un effort : mais oui, un air massif qui ferme le cœur au lieu de l’ouvrir ; cela rappelle bien sûr la bibliothèque impériale vue précédemment et date donc là encore du règne de Guillaume 2. Cela dit, à sa décharge, et pour une fois, le style « un peu bunker » est en adéquation avec la fonction du bâtiment puisqu’il abrita la banque impériale avant de revenir à la Dresdner Bank (la banque de Dresde). Actuellement en restauration et en réaménagement complet, le bâtiment abritera dans un futur plus ou moins proche l’hôtel de luxe de Berlin.


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