Les Chevaux de Saint Marc de St Marc

L'extérieur de la basilique saint marc

Les Chevaux de Saint Marc de St Marc

Autre élément parmi les plus connus de la ville : les fameux « Chevaux de St Marc », placés au-dessus du portail central, sur la terrasse. Une statuaire exceptionnelle par son histoire, sa valeur politique et sa qualité !

Sachez tout d’abord que ceux que vous voyez sont des copies. Les originaux sont exposés dans le petit musée situé à l’intérieur de la basilique. Mais peu importe… Leur qualité est à la hauteur de leur valeur. Ces chevaux qui semblent « presque hennir et trépigner » selon les termes de Pétrarque, sont des chefs-d’œuvre de l’art. Œuvre grecque ou romaine selon les hypothèses, ce serait le seul quadrige conservé de l’Antiquité. Il présente l’originalité d’avoir été butin de guerre, rapporté de l’hippodrome de Constantinople, à la suite du sac, par les Croisés, de cette cité chrétienne en 1204. Mais ô miracle ! Alors qu’il dormait dans les entrepôts de l’Arsenal, le port de Venise, ce quadrige fut redécouvert par hasard une cinquantaine d’années après. Et la chance lui sourit puisqu’un destin extraordinaire l’attendait.
Effectivement, le doge alors en place décide de hisser ces chevaux au centre de la façade de la basilique. Une bien curieuse idée pour une œuvre qui trônait auparavant dans un cirque où se déroulaient des courses de chars ! Et c’est là où l’on comprend le symbole politique qu’en fait le doge. A travers cette statue, il veut commémorer la victoire de la République lors de la fameuse quatrième croisade et, avec elle, affirmer sa domination méditerranéenne. Mais pourquoi peut-on parler de « victoire vénitienne » ?
Revenons à l’histoire de cette croisade. Nous sommes en 1204 et en prêtant sa flotte aux Croisés, à la demande du pape, la Sérénissime détourne la guerre sainte de son objectif initial : Jérusalem. Son véritable but est en fait la destruction de Constantinople, sa grande rivale commerciale. Destruction qui lui permet dès lors d’avoir la voie libre vers l’Orient et donc d’accroître son commerce avec celui-ci. Et c’est ainsi que les chevaux de Saint Marc sont devenus symbole de la puissance militaire et commerciale de la République. Et quoi de plus fort finalement que d’afficher ce symbole sur la place et l’église les plus en vue de Venise, sacralisant ainsi toute l’opération !
Leur rôle symbolique explique pourquoi Napoléon s’en empare à son tour au titre de butin de guerre, après sa conquête de Venise en 1797. Embarqués pour Toulon sur la frégate La Sensible, ils furent alors installés en grande pompe sur l’arc de triomphe du Carrousel aux Tuileries à Paris. La chute de l’empire napoléonien, en 1815, mit fin à l’exil du quadrige qui revint sur la façade de la basilique Saint Marc à Venise
Un symbole politique donc, mais aussi une œuvre d’art… tant par sa technique que par son aura. Tout d’abord technique, car contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’ensemble est en cuivre, et non en bronze ; la dorure y adhère ainsi plus facilement. Puis, coulée en deux parties, le raccord est adroitement dissimulé au niveau du harnais. Par ailleurs, les têtes ont probablement été séparées des corps lors du transport depuis Constantinople. Il semblerait, en effet qu’elles aient été remontées arbitrairement.
Une œuvre antique de grands retentissements artistiques aussi, puisqu’elle influença durablement les sculpteurs de la Renaissance du 15ème siècle, lorsqu’ils coulèrent les premières statues équestres de l’ère moderne.
L’étage supérieur est séparé du rez-de-chaussée par une terrasse pourvue d’une balustrade, un espace dévolu aux hauts dignitaires de la République des Doges qui assistaient d’ici aux fêtes données sur la Place Saint Marc.


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