Les mosaïques

L'extérieur de la basilique saint marc

Les mosaïques

Mais revenons maintenant à cette mosaïque qui est l’une des plus célèbres de Venise. Elle est particulièrement importante à deux titres. Tout d’abord, elle date des années 1260, elle appartient donc à la décoration d’origine de la façade dont elle est la plus ancienne. De plus, l’église qui y figure constitue l’un des rares témoignages visuels de la basilique telle qu’elle était au 13ème siècle. Regardons bien.

Cette basilique que nous voyons sur la mosaïque est différente de celle que nous pouvons observer aujourd’hui, car elle n’a pas encore les adjonctions sculptées de style Renaissance de l’étage. Et surtout, les coupoles ont un tout autre aspect. Et pour cause, puisque les coupoles initiales ont été recouvertes d’une deuxième coupole à la Renaissance, surélevant l’ensemble. Ainsi, dans chaque coupole que nous voyons, il y a une coupole basse, ornée à l’intérieur de mosaïques, puis une structure en bois qui soutient une coupole plus haute en plomb et surmontée d’une lanterne et d’une croix dorée que l’on voit de l’extérieur.
Observons enfin un dernier détail sur cette mosaïque : regardons au-dessus du portail central de l’église. Que voyez-vous ? Eh oui, ce sont les Chevaux de Saint Marc qui sont ici représentés, car petit rappel, ils furent mis en place au 13ème siècle sur la façade. Stylisés certes, mais ce sont bien eux !

Continuons à nous attarder sur ce portail qui nous montre combien Venise est au carrefour de tous les arts à l’époque médiévale. Et à cet égard, regardons sous la mosaïque. Tout d’abord, le tympan inscrit dans l’arc en forme d’accolade. On le voit de près maintenant et nous pouvons admirer les fenêtres à claustra, ces fenêtres de pierre ajourées, qui, avec les colonnettes tressées et entrelacées, sont typiques des arts islamique et byzantin.
Puis descendons notre regard jusqu’au linteau, la pierre horizontale située juste au-dessus de la porte, et qui permet de soutenir la structure. Il est caractéristique de l’art roman. Cinq scènes, sculptées dans un style local assez naïf, représentent des épisodes de la vie du Christ. Bizarrement, elles semblent être disposées dans le désordre. C’est ainsi que, de gauche à droite, on peut voir, Jésus changeant l’eau en vin lors des Noces de Cana, les Rois Mages rendant hommage à la Vierge à l’Enfant assise sur un trône, l’Annonce aux Bergers de la naissance du Christ, Jésus entre Saint Paul et Saint Pierre, et cinq hommes qui symbolisent probablement les douze Apôtres. Les personnages saints, figurés debout dans des arcades et séparant les scènes sont, quant à eux, une réminiscence de l’art romain.

Arts romain, byzantin, islamique, roman : quel pêle-mêle artistique curieux, mais finalement harmonieux ! Deux termes qui caractérisent parfaitement la Venise de cette époque. Pourquoi ? Tout d’abord parce que le 11ème siècle est un moment de réflexion dans l’art, et comme tout moment de réflexion, il est un mélange d’idées ; et surtout parce que Venise est une ville ouverte sur le monde qui se veut cosmopolite ; et que c’est une bonne raison pour le montrer à travers une basilique constituée d’apports de toute part.


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