La Place des Lions

L'extérieur de la basilique saint marc

La Place des Lions

Allons à présent admirer la façade latérale de la basilique qui se trouve à notre gauche lorsque nous sommes face au portail Saint Alipio que nous venons de voir. Nous nous placerons en son centre devant la Porte des Fleurs. Elle est inscrite dans la quatrième arcade en partant de la droite. C’est la seule et unique porte sur ce côté ; elle n’est désormais plus jamais ouverte.

Ici, nous sommes sur la Place des Lions. Pourquoi ce nom ? Tout simplement à cause des deux magnifiques lions qui ouvrent l’accès à la place, de part et d’autre des quelques marches qui en marquent l’entrée. Cette façade latérale gauche est probablement la plus ancienne façade de la basilique actuelle, et est le vestige du deuxième édifice. C’est une sorte de musée de pierres anciennes.

Ainsi, dans la partie haute du mur, regardons la, nous retrouvons là encore des remplois de bas-reliefs antiques et du Haut Moyen-Age. Ils représentent toujours les exploits d’Hercule, et aussi l’Evangéliste saint Marc à son pupitre. Ce dernier se situe juste à droite de l’arc supérieur de la Porte des Fleurs devant laquelle vous vous trouvez. Le voyez-vous ? Ce phénomène des remplois témoigne d’un grand intérêt pour les richesses ramenées par les voyageurs, les commerçants et les Croisés. Et ce n’est pas par facilité ou pingrerie que les Vénitiens réutilisent ces statues et bas-reliefs. Au contraire, vous imaginez ce que peut couter leur transport. Non, il s’agit bel et bien d’épater en montrant qu’on a des connexions avec le monde entier et cela contribue aussi à promouvoir la culture cosmopolite voulue par la cité.
Observons maintenant la Porte des Fleurs, et sur cette porte, l’arc. Il est décoré d’anges sculptés dans lequel est inscrit une Nativité. Mais surtout, c’est un arc mozarabe.
Un autre élément d’importation puisque ce style provient d’Andalousie ! Un style très typé : les thèmes figurés sont chrétiens comme les anges et la Nativité que nous voyons ici ; et les éléments architecturaux sont islamiques comme l’arc en forme d’accolade ici présent. « Mozarabe », qui est un terme de langue arabe, qui signifie d’ailleurs « arabisé ». Mais alors, quel blasphème pour une église chrétienne ! Et, en plus, une église dans laquelle sont vénérées les reliques d’un évangéliste… Oui mais justement, pas n’importe lequel. Pourquoi les Vénitiens n’auraient-ils pas rendu hommage au pays où est mort saint Marc ? Et au-delà de la religion, pourquoi les Vénitiens n’auraient-ils pas apprécié l’art islamique pour sa beauté, son originalité et sa référence à l’antiquité ? Ne voulaient-ils pas une basilique hors du commun ? Une basilique qui se voulait le reflet de leur domination sur la Méditerranée, toute la Méditerranée ?


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