Le Portail central

L'extérieur de la basilique saint marc

Le Portail central

Revenons maintenant devant le portail central de la façade principale.

Maintenant que nous sommes devant le portail central, observons, dans un premier temps, la mosaïque. Elle représente le Christ en majesté et le Jugement dernier. D’une qualité très picturale, cette œuvre est complètement en harmonie avec le reste du portail. Non pas par sa date de réalisation, car elle est du 19ème siècle alors que les sculptures du portail sont du 13ème. Mais par le respect de la pensée médiévale car ce qui y figure est typique des portails romans. Un seul objectif : inspirer respect et crainte de Dieu. La crainte étant suggérée par le Jugement dernier.
Dans un deuxième temps, regardez les trois arcs sculptés. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre de l’art médiéval italien. Pour quelles raisons ?
Tout d’abord, parce que ces arcs sculptés sont très rares en Italie, pays où l’on préfère des façades d’une grande sobriété.
Puis parce que ce sont de véritables prouesses artistiques du 13ème siècle : elles sont d’une grande dextérité technique et artistique. Toutes ces saynètes, ici figurées, suivent la courbe des arcs. Et chacun de ces petits tableaux représente une multitude de détails réalisés avec une grande finesse. Regardez par exemple les cheveux de n’importe lequel des personnages et ses traits : ils sont très réalistes et expressifs.
Enfin, parce que ces arcs rappellent toutes les caractéristiques du style roman : les arcs sont en plein cintre, c’est-à-dire semi-circulaire ; tout espace est comblé ; les saynètes sont en mouvement ; les thèmes représentent la vie quotidienne, à savoir la chasse, les métiers, le zodiaque.

Voyons tout d’abord l’arc inférieur. Il rappelle le côté païen de cet art. Les scènes de chasse et de jeux d’enfants qui se livrent à de mauvaises actions sur l’arc, et les animaux et les oiseaux entrelacés sur l’intrados, l’intérieur de l’arc, dévoilent combien l’art roman a été influencé par l’art antique. N’hésitez pas à les contempler : elles prêtent à sourire !

Maintenant, observons les arcs, central et supérieur. Ils montrent un art proche des préoccupations du quotidien des Vénitiens. Ils sont, à cet effet, typiques de l’art roman : pittoresques, vigoureux et réalistes. Il en est ainsi du thème du calendrier, que nous pouvons voir sur l’intrados de l’arc central. Notez, par exemple, sur cet arc, la première scène située à gauche, le mois de janvier, représenté par le transport du bois de chauffage, ou encore à gauche de la pierre centrale, le mois de juin figuré par les moissons. Mais ce n’est pas le plus original, car le calendrier se retrouvait fréquemment sur nos églises romanes.
Alors, levons à présent les yeux sur l’intrados de l’arc supérieur. Nous pouvons admirer un autre thème favori de l’époque romane : les métiers. Pourquoi favori ? Car les hommes étaient appelés à exercer leur profession dans l’honnêteté. C’est ce que leur rappelle ce qui domine l’ensemble, à savoir le Jugement dernier qui figure sur la mosaïque et sur la pierre centrale avec l’Agnus Dei, référence à la Passion du Christ dans l’Apocalypse de saint Jean. Mais quels métiers représentait-on ? Ceux de la vie quotidienne, et ici plus spécifiquement ceux des corporations de métiers qui se développèrent au 13ème siècle à Venise. Et c’est ce qui est particulièrement amusant ici. Observons-les attentivement ; nous retrouvons notamment plusieurs panneaux représentant la construction des bateaux. Voyons aussi la première petite scène située en bas à gauche : elle nous présenterait, si l’on en croît la légende, l’architecte de la basilique - l’homme avec les béquilles- même si ce dernier est malheureusement resté totalement inconnu.
Prenez le temps de considérer ces saynètes et retrouvons-nous après.

Et enfin, portons notre attention sur le groupe sculpté qui figure sur le tympan. Il représente le Rêve de Saint Marc, rêve hautement symbolique pour les Vénitiens. En effet, selon la légende, alors que Marc évangélisait la lagune de Venise, un ange lui aurait dit en songe : « C’est ici, à Venise, que tu reposeras pour l’éternité, Marc, mon évangéliste ». Chose étonnante puisque Venise n’existait pas encore au 1er siècle de notre ère ! Mais peu importe puisque ce rêve justifie fort à propos le vol des reliques au 9ème siècle.


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