Les 4 statues en porphyre rouge

L'extérieur de la basilique saint marc

Les 4 statues en porphyre rouge

Maintenant, regardons l’angle situé à droite, contigu avec le Palais des Doges. Voyez-vous un groupe de quatre statues en porphyre rouge ? C’est un chef-d’œuvre de l’Antiquité. Alors, rapprochons-nous.

Admirons ce groupe de statues. Ce sera notre dernier commentaire avant de nous quitter.
Alors regardons les traits des visages de ces hommes : les rides de leur front, leurs sourcils froncés, leur regard autoritaire. Leur présence est incontestable. Regardons aussi leur costume : ces hommes portent la toge au-dessus d’une armure. Ce sont des militaires romains. Mais pas de simples militaires. Des généraux, et même des empereurs. La preuve ? L’aigle impérial à la poignée de leurs épées et les couronnes sur leur tête. Couronnes de pierre dure perforées car y étaient insérés des couronnes d’or et de pierres précieuses. Mais alors, qui sont ces hommes de haut rang ? les Tétrarques : les quatre empereurs gouvernant ensemble l’empire romain à la fin du 3ème siècle. Et l’homme à la barbe, symbole de l’âge et de sagesse, serait ainsi Dioclétien, le fondateur de ce système politique qui ne durera que 20 ans, mais qui fit couler beaucoup d’encre. Et c’est pourquoi cette œuvre a autant de valeur historique. Détail intéressant : ces hommes revêtent l’armure des cavaliers romains. À vrai dire, c’est la seule tenue militaire digne des empereurs. D’autant plus que Dioclétien était un général avant d’être à la tête de l’Etat et qu’il crée quatre légions d’élites ayant pour mission de protéger les empereurs. Mais c’est aussi le symbole de la réorganisation de l’armée réalisée par Dioclétien. Réorganisation qu’il voulut centrer autour d’une armée mobile en renforçant le rôle de la cavalerie. Une mesure alors indispensable pour contrôler l’immense frontière de l’empire attaqué de toute part par les Barbares.
Mais les Vénitiens ont leur propre version des faits ; ils aiment à dire que ces quatre hommes seraient les Maures, qui, ayant voulu voler les reliques de saint Marc, seraient restés pétrifiés sur place. Une belle légende…

Toutes ces œuvres, que nous venons d’observer, c’est-à-dire, de gauche à droite, la pierre du ban, les pilastres et le groupe des Tétrarques, seraient d’origine syriaque, c'est-à-dire chrétienne du Moyen-Orient ou égyptienne, mais surtout elles proviennent toutes de Constantinople ou de Saint Jean d’Acre. Elles datent du 4ème au 6ème siècle. Et comme les chevaux de Saint Marc, elles évoquent la puissance militaire de Venise, et le rôle qui fut le sien dans les croisades durant tout le 13ème siècle. Rappelons que la lutte de la Sérénissime contre les empires byzantin et génois n’avait qu’un but : affirmer son pouvoir commercial en Méditerranée, en particulier sur le trafic entre Orient et Occident. C’est pourquoi nous pouvons parler de trophées de guerre…
La visite extérieure est maintenant terminée. N’hésitez pas à retourner une nouvelle fois devant la façade. Elle se sera parée de nouveaux feux.


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