L’Altes Museum et sa majestueuse enfilade de colonnes

L'île des musées et le vieux berlin

L’Altes Museum et sa majestueuse enfilade de colonnes

Tournons-nous désormais vers l’Altes Museum avec sa majestueuse enfilade de colonnes.
Avec ces grandes colonnes alignées en haut des marches pour former un portique, nous avons le sentiment d’être au pied d’un temple antique. Et ce phénomène est la particularité de ce style architectural : le néo-classicisme. Il s’agit d’un style né au début du 19e siècle et qui avait pour but de retourner à la pureté antique. Il en reprenait les éléments comme ici les grandes colonnes alignées en portique, le toit plat, les plafonds de pierre en caisson.
Regardez : nous voyons ces caissons en levant les yeux vers le plafond du portique entre les colonnes. Cette colonnade s’étend sur toute la façade qui mesure une longueur de 78mètres.
Nous voyons que derrière les colonnes, le mur est peint à l’imitation de plaques de marbre rouge. Il s’agit d’une restauration opérée dans les années 1950. Le bâtiment avait été très endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut reconstruit à l’identique, mais malheureusement, pour une question financière, les restaurateurs durent renoncer à un cycle de fresques à l’antique qui recouvrait autrefois le mur de la façade.

De chaque côté de l’escalier, nous voyons trôner une sculpture équestre en bronze. Les chevaux sont cabrés et la violence de l’Action saute aux yeux. A droite, nous voyons une amazone et à gauche un guerrier nu. Tous les deux se battent contre un lion à la crinière flamboyante et nous les voyons, le bras levé, sur le point d’abattre ce lion. Chacun des figurants tient bien son rôle : les lions sont terrifiants, les chevaux effrayés et les guerriers déterminés, presque exaltés. Les mouvements sont rendus à la perfection : regardez en particulier le dos du guerrier.

Cette expressivité fait de ces statues des chefs-d'œuvre du 19e siècle. Nous les devons à deux sculpteurs : August Kill pour la fougueuse Amazone et Christian Daniel Schadow pour le guerrier. Ce dernier est le plus important sculpteur allemand du 19e siècle. Nous lui devons notamment le char en bronze au sommet de la porte de Brandebourg.

Et maintenant, levons un instant la tête vers la corniche au-dessus des colonnes.
Nous voyons une inscription en grandes lettres dorées qui signifie : « Frédéric Guillaume 3 a bâti ce musée pour l’étude des antiques de toutes sortes et des arts libéraux. 1828 »
Grâce à cette inscription, nous connaissons la date et la fonction du bâtiment.
Permettons-nous à cet instant une petite présentation historique.

La construction de ce musée fut confiée au très célèbre Schinkel. La pose de la 1ere pierre eut lieu en 1825 et, en 1830, le musée était inauguré. La date de 1828 était donc une erreur qui amena à de nombreuses critiques, mais qui ne fut jamais corrigée.
Au 19e siècle, le bâtiment réunissait au rez-de-chaussée les sculptures et vases antiques et à l’étage les peintures anciennes. Aujourd’hui, il est réservé à l’archéologie de petits formats : vases, stèles, bronzes. Et les collections égyptiennes, mondialement célèbres y ont été momentanément transportées. Et c’est là que vous verriez, entre autre, le célèbre buste de Nefertiti.

Reculons-nous un peu jusqu’au centre du jardin au niveau du jet d’eau afin d’embrasser l’ensemble de la façade du regard. D’ici nous apercevons beaucoup mieux la régularité de la colonnade et la beauté simple du bâtiment.


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