L’Alte National Galerie, toute une collection de peintures et de sculptures du 19e siècle

L'île des musées et le vieux berlin

L’Alte National Galerie, toute une collection de peintures et de sculptures du 19e siècle

Retournons vers l’altes Museum, longeons son côté gauche et tournons tout de suite à droite derrière le musée. Continuons tout droit jusqu’à un second bâtiment en forme de temple antique précédé d’une colonnade formant une galerie couverte donnant dans la Bodestrasse. C’est l’Alte national Galerie.

Aujourd’hui le musée abrite les collections de peintures et de sculptures du 19e siècle allemand et étranger. Nous pouvons y admirer un bel ensemble de tableaux romantiques de Caspard David Friedrich et de Schinkel, ainsi que des œuvres de la Secession et de l’impressionnisme signées par Max Liebermann, Gustav Klimt, Claude Monet et autres. La présence de peintures étrangères fut à la base d’une cabale de cour au début du 20e siècle. Le conservateur de l’époque était féru d’art moderne et fit acheter de nombreuses œuvres françaises, belges et autres. De même, il collectionna les créations de l’impressionnisme et de la Secession allemands. Guillaume 2 avait horreur de ces styles. Le souverain ne voulait voir que des grandes compositions historiques colorées vantant l’histoire ancienne. Aussi, une véritable campagne contre le conservateur se déchaîna et ce dernier partit pour Munich. Mais, Guillaume n’a pas eu de chance, car le successeur à la direction du musée était encore plus progressiste et les achats d’œuvres contemporaines s’amplifièrent ! L’Altes museum est l’un des plus riches d’Allemagne pour le 19e siècle. Il a été restauré en 2003 et mérite vraiment la visite.

L’édifice est un bâtiment antique. Nous devinons aussitôt que le style de ce bel ensemble ne peut être que le néo-classicisme. Regardons : nous avons tout d’abord une belle colonnade sous laquelle nous sommes et qui est très similaire à celle de l’Altes Museum.
Elle précède une étendue de pelouse au fond de laquelle se dresse fièrement un temple antique sur un socle auquel on accède par 2 montées d’escalier parallèles. Au sommet, le temple est précédé d’une gigantesque colonnade portant un grand fronton triangulaire. Encore une fois des caractéristiques puisées dans le vocabulaire des formes antiques.

Nous voyons aussi qu’au sommet des rampes d’escalier, se dresse encore une statue équestre. Mais cette fois le cavalier n’est pas nu, ni même en armure romaine comme à l’accoutumée, mais il est vêtu d’un uniforme du 19e siècle avec une longue cape et porte ces bacchantes à la mode vers 1860. Il s’agit en fait du commanditaire de ce bâtiment : le roi de Prusse Frédéric Guillaume 4. Ce monarque était un passionné d’art et de culture. Il fut aussi un grand bâtisseur et dessina lui-même le plan du bâtiment que nous observons. A l’origine, il devait s’agir d’un « temple pour les sciences » avec des salles de cours pour l’université. Regardez au bord du socle de la statue, nous voyons des personnalités féminines en bronze. Elles symbolisent les Sciences.

Maintenant, levons les yeux vers le fronton. Nous y lisons en allemand : « Der Deutschen Kunst », ce qui signifie « à l’Art allemand ». Effectivement, la fonction du bâtiment fut vite modifiée et au lieu des sciences, il reçut la galerie de peinture allemande contemporaine. Mais contemporaine au 19e siècle, bien sûr ! C’est ici que prirent place les tableaux romantiques, puis impressionnistes et enfin les grandes compositions pompiers. Ces dernières puisent leurs thèmes dans l’histoire antique et ancienne et furent très appréciées par l’empereur Guillaume 2.

Regardons sur le fronton, nous voyons un bas-relief. Il n’est ni laid, ni exceptionnel. Cela dit, il met en scène des personnages rencontrés assez souvent dans le Berlin néo-classique alors décryptons le un peu : au centre, une femme en armure avec une couronne sur la tête. Elle porte à bout de bras une couronne de laurier et des palmes. Il s’agit de Germania et la couronne est l’ancienne couronne impériale.
A gauche est assis un jeune homme nu ailé tenant une couronne de laurier et une branche de laurier : il symbolise la paix. A droite, nous voyons le même jeune homme avec une corne pleine de fruit. Il représente l’abondance. Regardons à gauche du fronton, nous voyons un homme en toge sculptant un buste. Reconnaissez-vous ce buste ? Et oui c’est le même visage que celui de la statue équestre en bronze : c’est le roi Frédéric Guillaume 4. Il s’agit d’une représentation de la sculpture.

Maintenant, observons la droite du fronton. Nous y voyons un homme avec un chapeau et une sorte de longue robe. Il s’agit d’un costume de la Renaissance. Il tient une palette et peint sur chevalet. Cet homme symbolise la peinture. Mais pourquoi la sculpture est-elle symbolisée par un homme d’âge mûr en toge et la peinture par un homme de la Renaissance ? Tout simplement pour faire référence à la grande époque de la sculpture classique antique et au sommet de la peinture que fut la Renaissance. Naturellement, il s’agit d’une interprétation du 19e siècle !

Levons maintenant les yeux vers le sommet du fronton, nous voyons trois femmes mi-nues avec un drapé antique. En observant bien, nous remarquons que celle de gauche porte un marteau : la sculpture, celle du milieu un rouleau : l’architecture et enfin celle de droite une palette : la peinture. Nous avons ainsi au plus haut point du bâtiment les 3 arts libéraux.
En bas de chaque rampe de l’escalier, nous voyons un groupe sculpté en pierre. La structure est toujours la même : on voit un homme mûr qui est le professeur, avec son élève, dans un cas pour lui enseigner c’est le groupe de gauche, la sculpture et dans l’autre et c’est le groupe de droite pour lui enseigner le dessin.


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