L’intérieur du tacheles

L'île des musées et le vieux berlin

L’intérieur du tacheles

Pour continuer la découverte de ce lieu, nous proposons de revenir sur nos pas, sur la Friedrichstrasse et de marcher jusqu’à la prochaine rue tournant à droite : c’est la Oranienburger Strasse. Prenons la Oranienburger Strasse sur notre droite et marchons pendant 50 mètres environ jusqu’à l’énorme immeuble « ruiniforme » -pouvons nous dire- en pierre grise. Nous nous retrouvons sous son gigantesque porche en arc de cercle. Impressionnant n’est-ce-pas ? Cet immense porche semble comme un vestige oublié après les bombardements.

Levons la tête un instant. Au sommet de piliers, nous voyons 4 sculptures masculines se faisant face et dont la tête fut brisée. Observons bien, elles tiennent toutes des attributs. Par exemple à droite, l’une s’appuie sur un globe terrestre, tandis que l’autre tient un marteau et s’appuie sur des roues d’engrenage. Ces statues symbolisent les voyages lointains et l’industrie. A gauche, l’une est debout devant une tête de cheval et l’autre s’appuie sur une colonne antique et tient un rouleau. Elles représentent la poste équestre et l’architecture. Ces sculptures rappellent assez des motifs traditionnels décorant les bourses et autres bâtiments de commerce.

Et en effet, ce bâtiment est le seul vestige d’un immense passage commercial qui reliait autrefois la Friedrich strasse et la Oranienburger strasse.

Regardons bien les imposants murs et cette voûte. Ils ont un caractère assez écrasant. Et pour cause, il s’agit de l’une des toutes premières constructions de béton armé sur le sol européen.
En 1928, la compagnie d’électricité A.E.G. acheta le bâtiment pour en faire une « Maison des techniques », c'est-à-dire un lieu d’exposition des nouvelles inventions et produits. Et là encore, une innovation majeure eut lieu, puisque c’est de ce bâtiment que fut émise la première émission de télévision du monde. Pendant la guerre, le passage fut occupé par divers organes du parti national-socialiste et fut certainement utilisé pour la production d’armement.
Pendant l’époque du communisme, les ruines servirent à multiples usages : magasins, cinéma, organisations politiques. Il fut enfin décidé de dynamiter l’ensemble dont il ne reste que l’aile où nous sommes. Cette partie fut restaurée en 1997 pour la colonie d’artistes. Il y a actuellement 30 artistes qui y possèdent leur atelier. Le loyer est libre. En revanche, pour être accepté, il faut envoyer des épreuves de ces œuvres qui sont jugées par l’association.
Revenons maintenant sur la Oranienburger strasse.


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