L’histoire de la place Saint Pierre

La basilique saint-pierre et le vatican

L’histoire de la place Saint Pierre

Regardons bien cette gigantesque place, organisée autour d’un obélisque égyptien, et bordée sur son pourtour de grandes colonnades. Face à nous, s’élève la façade majestueuse de la basilique Saint-Pierre. Derrière nous, débouche le large Via della Conciliazione, grande avenue reliant la Cité du Vatican au Tibre et au centre de la ville.
D’ici, nous pouvons encore observer les coupoles de la basilique, qui ne sont plus visibles du centre de la place.

Nous sommes ici sur la rive droite du Tibre, alors que la plus grande partie de la ville antique se trouve sur la rive gauche. Derrière la basilique s’élève la colline du Vatican. La place elle-même occupe l’emplacement de l’« Ager Vaticanus », ou plaine du Vatican, lieu à l’origine marécageux, infesté de moustiques et de serpents. Comme beaucoup de parties basses de la ville, cette plaine était souvent victime des crues du Tibre. Dans la Rome classique, cette zone était peu habitée, occupée plutôt par des lieux à caractère privés, comme les jardins de l’empereur Adrien, ou ceux d’Agrippine, épouse de l’empereur Claude. On y trouvait aussi des tombeaux. En témoigne le splendide mausolée de l’empereur Adrien, mieux connu aujourd’hui sous le nom de « Château Saint-Ange », car transformé en forteresse par les papes du Moyen Age. Nous ne pouvons pas voir d’ici le château Saint-Ange, qui se trouve derrière nous, au bord du Tibre, à l’autre bout de la Via della Conciliazione. Il fera l’objet d’une visite particulière.

Ici, s’élevait aussi le grand cirque des empereurs Caligula et Néron, figures cruelles du premier siècle de notre ère. Ce cirque, dont l’entrée se trouvait à peu près à l’endroit où nous nous tenons, s’étendait en direction de la basilique actuelle, et même au-delà. Le seul reste en est l’obélisque au milieu de la place. Les cirques étaient le lieu des fameuses courses de char, les quadriges. Mais ils servaient aussi à y martyriser des gens, et notamment les chrétiens. On dit que l’empereur Néron aimait assister à ces martyrs en se mêlant à la foule, vêtu d’habits de cochers. Dans ses jardins privés, qui jouxtaient le cirque, des chrétiens furent crucifiés sur des croix de feu. Mais aussi et surtout, c’est dans ce cirque, que fut crucifié, tête en bas, l’apôtre Pierre, premier évêque de Rome.
Au début du 4ème siècle, sous le règne de l’empereur Constantin, premier converti à la nouvelle religion, une première église fut édifiée, au-dessus du tombeau de Pierre. Nous l’appellerons basilique constantinienne. L’installation de la basilique à cet endroit faisait de la colline du Vatican, la 8ème colline de Rome. Cette colline devint une sorte de nouveau Capitole, celui des témoins de la nouvelle foi chrétienne. Mais cette basilique n’eut pas tout de suite l’importance qu’elle revêt aujourd’hui. Les papes ne vivaient pas ici et le Vatican ne deviendra leur lieu de résidence permanent qu’à partir de la fin du 14ème siècle. S’ils y faisaient des séjours fréquents, leur résidence principale était le palais du Latran, attenant à la basilique Saint-Jean de Latran, sur l’autre rive du Tibre. Saint-Jean de Latran est d’ailleurs toujours la cathédrale de Rome, et est, à ce titre, plus importante que Saint-Pierre.
Seules les villes épiscopales donc dotées d’un évêque possèdent une église dite « cathédrale. » Ce mot vient du latin « cathedra », « la chaire » ou « le siège » d’où l’évêque donne son enseignement. En tant qu’évêque de Rome, le pape est lié à la cathédrale Saint-Jean de Latran. Et si Saint-Pierre est si importante, c’est bien sûr car elle contient le tombeau de l’apôtre Pierre.


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