La Pieta : l’œuvre de Michel Ange

La basilique saint-pierre et le vatican

La Pieta : l’œuvre de Michel Ange

Avant de quitter l’église, allons regarder l’une de ses œuvres majeures : la célèbre « Pieta » ou « Vierge au Christ mort » de Michel Ange. Elle se trouve dans une chapelle à gauche des portes d’entrée quand on est face à elles. Rejoignons-la.

Cette magnifique statue fut sculptée par Michel Ange pour le Jubilé de 1500. L’artiste, d’origine florentine, était alors à Rome depuis peu : il était donc peu connu. Cette commande lui fut faite par le cardinal Riario à qui Michel Ange avait vendu une statue représentant Eros, le dieu antique de l’amour. L’artiste, pourtant auteur de la statue, l’avait faite passer pour une véritable œuvre antique. Lorsqu’il s’aperçut de la supercherie, le cardinal, loin d’être furieux, exprima son admiration devant le génie du sculpteur. C’est dans ce contexte qu’il lui commande cette Pieta. La sculpture devait initialement orner la chapelle privée des rois de France à Saint-Pierre.
La Vierge, au visage d’une magnifique pureté, tient sur ses genoux le corps du Christ mort. Tout dans le mouvement, la position des corps, les drapés et la sensibilité avec laquelle sont représentées les émotions témoigne de la très grande maîtrise du jeune artiste. De cette œuvre se dégage une intense spiritualité. Malheureusement, le spectateur n’a plus de contact visuel direct avec l’œuvre, aujourd’hui présentée derrière une vitre depuis qu’en 1972 un déséquilibré l’endommagea à coups de marteaux. Après une restauration quasi parfaite, l’œuvre est aujourd’hui protégée du public.
La Vierge porte sur la poitrine un ruban, posé en sautoir. Sur ce ruban se lit une inscription, qui n’est rien d’autre que la signature de l’artiste. C’est en fait la seule sculpture que Michel Ange signa. Le sculpteur, d’un caractère fougueux et orgueilleux, avait entendu dire qu’on admirait son oeuvre, mais qu’on l’attribuait à Cristoforo Solari, alors plus célèbre que lui. Il serait alors venu la nuit qui suivit l’inauguration, afin d’y apposer sa signature pour faire cesser cette fausse attribution.

Ici se termine notre découverte de Saint-Pierre. Cœur de l’Eglise et le centre d’un des plus grands mécénats artistiques de l’histoire. On peut être surpris, émerveillé ou même sceptique devant sa splendeur, mais elle est l’un des lieux majeurs de la culture mondiale, tant par son rôle historique et spirituel que par sa magnificence et la qualité des artistes, Bramante, Michel Ange, Raphaël, Le Bernin qui lui donnèrent et nous léguèrent le meilleur de leur art.

Il est possible de visiter les Musées du Vatican. Pour le faire, passez sous la colonnade à gauche de la place en faisant dos à la basilique. Vous déboucherez alors sur le large Via Porta Angelica. Avec la Via Porta Angelica, vous êtes au cœur du quartier du Borgo, avec ses magasins religieux en tout genre qui proposent vêtements liturgiques et souvenirs pieux. Cette avenue est longée, sur la gauche, par le mur d’enceinte du Vatican. Suivez ce mur sur environ un km pour arriver à l’entrée des musées. En chemin, vous croiserez la Porta Angelica, la porte angélique, l’une des principales portes d’accès à la cité, toujours surveillée par les gardes suisses, et inaccessible au commun des mortels. Il est amusant d’en observer l’agitation vaticane, les va-et-vient ecclésiastiques, les aller venues de fonctionnaires en soutane, qui, l’air affairé, en franchissent le seuil, attaché-case à la main.


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