Le théâtre Marcellus

La colline du capitole

Le théâtre Marcellus

Quittons maintenant l’église par la porte principale, pour déboucher au sommet des grands escaliers.

Cet escalier est formé de 129 marches, et fut construit au milieu du 14ème siècle, pour remercier la Vierge de sa protection contre la peste. Certains pèlerins le montaient autrefois à genoux.

Au bas de l’escalier, dirigeons nous vers la gauche pour descendre la large Via del Teatro Marcello. Nous repassons sur notre gauche, devant l’escalier- rampe qui monte au Capitole. Dès que possible, passons sur le trottoir d’en face. Après 200 m environ, nous découvrons à droite la grande façade à arcades du théâtre de Marcellus.

Le théâtre Marcellus fut transformé en palais privé à la Renaissance, ce qu’il est toujours aujourd’hui. C’est le plus ancien théâtre romain en pierres qui existe. Avant cela, les théâtres étaient en bois, montés seulement à l’occasion de représentations. Celui-ci, qui pouvait contenir jusqu’à 20 000 spectateurs, fut commencé par Jules César et achevé par Auguste, en 11 avant Jésus Christ. Il fut dédié à Marcellus, le neveu d’Auguste.
C’est ici l’occasion de dire un mot sur le théâtre romain. Le théâtre et les jeux étaient d’une grande importance dans la Rome antique. Notre imaginaire est aujourd’hui sans doute beaucoup plus impressionné par la cruauté des jeux et des combats de gladiateurs. Ceux-là se déroulaient dans les cirques et les amphithéâtres comme le Colysée. Ici, n’étaient jouées que des pièces de théâtre. Les représentations, comme les jeux du cirque, se donnaient à l’occasion de jours fériés. C’est à dire très souvent, puisque l’époque impériale comptait 182 jours fériés par an. A l’époque de la construction du théâtre de Marcellus, les pièces appréciées du public romain n’avaient plus la qualité des grandes tragédies et comédies des auteurs grecs ou même romains de l’ère républicaine. Le goût du jour était aux mimes et pantomimes. Le mime mettait en scène des aventures plutôt vulgaires et cruelles. Il arrivait que les acteurs se battent et se blessent réellement. Et même parfois, des condamnés, jouant le rôle de personnages, étaient vraiment exécutés sur scène. La pantomime, d’un niveau plus élevé et aux sujets d’inspiration mythologique, était mimée par des danseurs masqués. Ce genre était plus apprécié des classes les plus cultivées de la société.

Observons maintenant la façade, formée de deux étages d’arcades. Il y en avait à l’origine un troisième, aujourd’hui écroulé. En effet, au Moyen Age, ce théâtre, comme nombre d’édifices antiques, servit de carrière de pierres. Il fut transformé en forteresse par la famille Pierleoni, et à la Renaissance, on y construisit un palais pour la famille Savelli. Ce palais constitue le troisième étage de l’édifice.
Revenons aux deux étages d’arcades. Ce type de construction inspirera la construction de tous les autres théâtres et amphithéâtres postérieurs, dont le fameux Colysée. En regardant bien, de grands trous sont visibles à certains endroits, notamment entre les arcades du rez-de-chaussée. Ils servaient à accrocher d’immenses masques de pierre. Cet impressionnant monument est à l’évidence un beau témoignage du génie romain de la construction. Peuple de soldats, à la pensée pragmatique et rigoureuse, les Romains utilisèrent l’héritage architectural des Etrusques et du monde grec tout en proposant leurs propres solutions originales. Ce type de théâtre par exemple, est typiquement romain. Les Grecs en effet construisaient toujours les leurs sur les pentes d’une colline ou d’une montagne. Ce que nous voyons ici est un théâtre de plaine, édifice de conception totalement romaine.

Devant le théâtre, nous voyons s’élever trois colonnes. Ce sont les restes du temple d’Apollon medicus, ou médecin, car l’origine du temple remonte à une épidémie de peste au 5ème siècle avant notre ère. On l’appelle aussi temple d’Apollon Sosien, car les colonnes sont le fruit d’une reconstruction par le consul Caius Sosius, en 32 avant Jésus-Christ.

Entre les restes du temple d’Apollon et le trottoir où nous nous trouvons, quelques pierres témoignent de l’existence d’un autre temple : le temple de Bellone, déesse de la guerre. On retrouve dans ce mot l’étymologie latine « bella », qui signifie la guerre. Une origine qui a donné en français « belliqueux » ou « belligérant». Ce temple fut construit à la place d’une très ancienne colonne guerrière au sommet de laquelle montait un prêtre ou un consul pour déclarer la guerre à un ennemi de Rome. Il le faisait tout en tirant, du haut de cette colonne, une flèche dans la direction du pays de l’ennemi. A l’époque républicaine, c’est-à-dire jusqu’à la fin du premier siècle avant notre ère, les sénateurs se réunissaient dans ces deux temples pour décider notamment de l’attribution du triomphe à un général vainqueur.


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