L’église Santa Maria in Cosmedin

La colline du capitole

L’église Santa Maria in Cosmedin

Traversons maintenant la large piazza Bocca della verita pour nous rendre en face, en direction de l’église à la haute tour que nous apercevons tout au bout de la place. Il s’agit de l’église Santa Maria in Cosmedin.

Nous sommes à l’église Santa Maria in Cosmedin. Entrons sous le porche.
Au début du Moyen Age, ce quartier s’appelait « Rippa greca », à cause du grand nombre de commerçants d’origine grecque et byzantine qui s’y étaient établi. « Kosmidion », qui signifie ornement, faisait référence à la splendeur du culte chrétien de rite grec qui se déroulait ici. S’il y eut une église dès le début du Moyen Age, celle que nous voyons actuellement fut construite au milieu du 12ème siècle.
Au fond du porche, un grand masque de marbre, incarne le visage, peut-être de l’océan, ou d’une autre divinité des eaux. Il s’agit sans doute d’une plaque d’égout de la cloaca maxima, le grand égout de la Rome antique. Au Moyen Age, on prétendait que celui qui introduisait sa main dans la bouche après avoir dit un mensonge était mordu. Et à l’inverse, celui qui n’était pas mordu avait donc dit la vérité. Inutile de dire qu’il y avait la queue devant ce masque.
Entrons maintenant dans l’église.

Le beau vaisseau est divisé en trois nefs. Observons les colonnes et les chapiteaux d’origine antique et la disposition du mobilier religieux. Regardons, au fonds et entourée de barrières de pierre, la « schola cantorum », l’espace où se tenaient les chantres et le clergé. Plus loin, l’autel, construit avec une baignoire antique, est protégé par un petit édifice en pierre appelé baldaquin, et séparé de la « schola » par une barrière également en pierre, initialement complétée par des rideaux.
Derrière l’autel, un trône en pierre est entouré de lions. C’est un trône pontifical, dont la présence symbolise celle du pape dans la communauté. Mais le plus remarquable est certainement le pavement en petites pièces de marbre coloré. C’est ce qu’on appelle un pavement « cosmatesque », du nom de la famille Cosmati, l’une des nombreuses et fameuses familles de marbriers romains au Moyen Age. Ces pavements sont très caractéristiques des églises médiévales de Rome et de sa région. Les grandes familles de marbriers s’estimaient alors les héritiers directs des créateurs de mosaïque de la Rome antique. Les motifs circulaires que nous observons sur le pavement proviennent généralement de colonnes antiques coupées en rondelles.
Il est possible de descendre dans la crypte, sous le maître autel. Elle fut sans doute creusée sous un lieu de culte dédié à Hercule. La tradition veut que ce demi-dieu, fils de Jupiter et d’Alcmène, soit venu ici pour garder ses moutons.


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