Le Cirque Maxime 

La colline du capitole

Le Cirque Maxime 

Maintenant, sur notre droite, revenons vers la via dei Cerchi que nous prendrons à gauche.
Suivez la 100m, jusqu’à son croisement avec la Via dell’Ara Massima di Ercole.

Nous sommes à présent Via dell’Ara Massima di Ercole. Là s’étend un gigantesque pré vert où s’élevait ce qui fut le plus grand lieu de spectacles et de jeux de tous les temps: le cirque maxime. Traversons la Via dell Ara Massima di Ercole, et observons.

Nous sommes sur le petit côté du cirque, qui s’étend face à nous sur toute sa longueur.
Nous sommes ici dans une vallée, la Vallis Murcia. A gauche, nous voyons le mont palatin, sur lequel nous voyons les ruines des anciens palais impériaux. Et à droite, la colline de l’Aventin.

La Vallis Murcia, asséchée à l’époque des rois étrusques, s’avéra propice à la construction d’une grande esplanade de jeux. On en attribue l’origine au roi étrusque Tarquin l’Ancien, au 7ème siècle avant Jésus Christ. La mythologie raconte que c’est Romulus qui organisa ici les premières courses, à l’issu desquelles eut lieu l’enlèvement des Sabines, épisode fondateur de l’histoire de Rome. Les romains, en effet, peuple essentiellement masculin, manquaient de femmes. Romulus invita par fourberie aux courses ses voisins, le peuple Sabin, et captura leurs femmes, qui devinrent ainsi les premières romaines.

Le cirque faisait 600 m de long, avait l’un de ses deux petits côtés qui était courbe tandis que le 2ème était lui rectiligne. Nous sommes ici sur le petit côté rectiligne. En face, quelques restes de gradins en laissent imaginer la courbure. L’endroit où nous sommes était occupé par les carceres, sortes de box d’où démarraient les chars pour les courses. De là est venu notre « incarcerer ». Tout le reste du cirque constituait la piste, entourée de gradins. Ceux-ci reposaient sur des structures de briques qui s’ouvraient, côté rue, par des arcades. Les façades extérieures étaient recouvertes de marbre.
Au centre de la piste, sur une longueur de 344 m, s’étendait la « spina », long terre-plein central, sur lequel étaient disposés trophées, statues, ainsi que sept œufs de marbres et sept dauphins de pierre servant à compter les tours de piste effectués par les chars. A l’époque impériale y furent installés deux obélisques égyptiens. Ces obélisques existent encore, mais furent déplacés par les papes à la Renaissance. L’un se trouve aujourd’hui sur la Piazza del Popolo, l’autre sur la place Saint-Jean-de-Latran. Le reste de l’édifice a disparu au cour des temps. Sa disparition fut accélérée par son utilisation comme carrière de pierres.
Cet agencement était le fruit de plusieurs siècles de reconstruction. Au début, les gradins étaient en bois, et ne furent construits en pierre que sous le règne de l’empereur Claude, au premier siècle de notre ère. C’est surtout l’empereur Trajan, au début du 2ème siècle, qui donna au cirque sa forme définitive.

Différents types de jeux se déroulaient ici. César y fit donner une fausse bataille avec un millier de fantassins, 600 cavaliers et 40 éléphants. Mais les cirques restent clairement associés pour nous aux fameuses courses de quadriges, chars attelés de quatre chevaux. Les dernières eurent lieu en 549, bien après la chute de l’Empire romain.
Partant des carceres, les chars étaient répartis en équipes de couleurs différentes. Ils pouvaient courir à 12 de front et devaient faire sept tours de piste, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, et sous les hurlements des 385 000 spectateurs que pouvaient contenir au maximum les gradins. Tous les coups étaient permis. Pousser les chars concurrents contre les murets afin de les détruire, projeter au sol les autres auriges, nom donné aux conducteurs de char. Chaque accident est accompagné des cris de la foule.
Il y avait à Rome d’autres cirques, car les jeux étaient un élément essentiel de la société. Ce qui fit dire au poète Juvénal au début 2ème siècle de notre ère : « Que fait-elle, cette tourbe des enfants de Rémus ? Depuis qu’il n’y a plus de suffrages à vendre, le peuple n’a cure de rien ; lui qui jadis distribuait les pleins pouvoirs, les faisceaux, les légions, tout enfin, il a rabattu ses prétentions et ne souhaite plus anxieusement que deux choses : « Panem et circenses », du pain et des jeux. »
A l’époque impériale, dont la réalité est en fait dictatoriale, les jeux, de plus en plus bestiaux et brutaux, sont utilisés pour abrutir un peuple romain devenu politiquement oisif.
C’est sur cette idée que nous terminons notre promenade. Tout le contraste de la Rome antique est ici résumé entre splendeur et pauvreté, prestige politique et avilissement barbare du peuple. Rome était tout cela et c’est là sa grandeur et sa légende.

Ainsi s’achève notre promenade. Si vous voulez regagner votre point de départ, retournons vers Santa Maria in Cosmedin et le temple de Portunus. Là, au lieu de reprendre les bords du Tibre, prenons à droite la Via Petroselli, qui devient ensuite la Via del Teatro Marcello, pour retrouver enfin la Place de Venise.


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