Le Conservatoire Royal de Musique

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Le Conservatoire Royal de Musique

À gauche de la grande synagogue, un grand bâtiment en brique est séparé de la rue par un jardin, fermé par des grilles. Il s’agit du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Descendons encore un peu la rue pour mieux en voir la façade.

Nous voici donc face au Conservatoire de musique. Cette institution a été créée en 1827, c’est-à-dire encore sous le régime hollandais. Elle ne prit le nom de Conservatoire royal qu’en 1832. Le conservatoire a occupé différentes places à Bruxelles, avant d’être installé ici en 1872 seulement, à l’époque où cette partie de la rue de la Régence a été percée.

Le bâtiment que nous voyons ici est dû à l’architecte Jean-Pierre Cleïzenaa, le même qui construisit aussi les fameuses galeries Royales Saint-Hubert, près de la grande place, et que nous visiterons au cours d’une autre promenade. Ce bâtiment est très classique. Son modèle est manifestement français, par exemple l’aile du Louvre ; son plan en U fait aussi un peu penser à celui de la cour d’entrée de Versailles.
Le bâtiment est le temple de la musique. Il est surtout le témoin d’une époque. Passons un peu de temps à le lire.
Regardez les frontons et les fenêtres : ils sont décorés de symboles musicaux. Par exemple, les fenêtres des trois ailes qui entourent le jardin d’entrée sont décorées de petites sculptures évoquant des instruments de musique dans des couronnes de fleurs. Les deux ailes latérales du bâtiment présentent une fenêtre qui s’ouvre directement sur la rue de la Régence.
Voyez celle de gauche : elle est surmontée d’un groupe de trois personnages : au centre une femme jouant de la Lyre, à gauche un jeune homme jouant du hautbois, et à droite une femme qui compose. Ce groupe évoque la « Musique instrumentale ». Au dessus de la fenêtre de droite, un groupe représente la « Poésie ». Au centre de ce groupe, une femme ailée lève un flambeau et représente l’Inspiration. Elle est entourée de deux génies à l’étude, entourés de livres et d’instruments de musique.

Etrange 19e siècle, qui utilise des allégories aussi pompeuses pour exalter les grandes idées de l’époque. Tout cela nous fait aujourd’hui un peu sourire. Mais ce sont les témoignages d’une époque qui pensait arriver à un sommet de la société, où les méthodes éducatives modernes porteraient l’esprit humain à un niveau jamais égalé, pendant que l’industrie mènerait l’homme jusqu’à des possibilités techniques jamais envisagées.


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