Histoire du Sablon

La colline du cowdenbergh : du palais de justice au parc royal

Histoire du Sablon

Et nous voici maintenant pratiquement arrivés au lieu dit « le Sablon ». Aussi, nous allons encore descendre un peu la rue, jusqu’au feu rouge. Là, nous nous arrêterons.

Nous voilà au feu rouge. Retournons-nous un instant pour voir l’ensemble du palais de justice. D’ici, nous apercevons sa coupole, assez plate, et surmontée d’une couronne royale. Cette coupole a été reconstruite après la guerre, car en quittant la ville en 44, les Allemands y avaient mis le feu. La coupole précédente était un peu plus ronde, mais ne correspondait que médiocrement aux souhaits de Poulaart, qui avait notamment eu l’idée d’une gigantesque couronne royale pour couronner le tout. Pauvre Poulaart !
Regardons maintenant face à nous : un peu sur la gauche, nous voyons l’église gothique de Notre-Dame du Sablon. Derrière l’église, toujours sur la gauche, nous voyons aussi la place du Grand Sablon, qui descend le long de la colline. A notre droite, en revanche, sur l’autre trottoir de la rue de la Régence, se trouve un petit parc fermé par des grilles. C’est le Parc dit « du petit Sablon ».

Au Moyen Age, cet endroit était une plaine déserte, composée de marécages et de sablonnières, carrières de sable, d’où le nom du lieu. Au 13e siècle, il y avait aussi, à l’emplacement de la place du Grand Sablon, un cimetière. C’était le cimetière de l’hôpital Saint-Jean, un hôpital qui se trouvait dans le bas de ville, et qui enterrait ses morts ici, par manque de place dans son propre cimetière. Au tout début du 14e siècle, en 1304 précisément, une petite chapelle fut érigée par la compagnie des arbalétriers, les tireurs d’arbalètes. Cette compagnie, comme celle des archers, des arquebusiers et autres armes, était une compagnie de nobles et de bourgeois bruxellois, une sorte de garde civique. Appartenir à une de ces compagnies, et de préférence y avoir un grade renforçait le statut social des hommes de la haute société de l’époque, et cela presque jusqu’à la fin du 18e siècle. Cette confrérie des arbalétriers donc, fit ériger sa chapelle votive en cet endroit, à l’emplacement exact de l’actuelle église du Sablon. On l’appelait alors « Notre-Dame du cimetière », nouvelle preuve qu’un cimetière existait bien à cet endroit.

Avançons dans le temps : et allons en 1348. Une statue miraculeuse de la Vierge fut volée à Anvers par une femme du quartier et ramenée ici. Nous reparlerons de cela dans l’église. L’arrivée de cette statue a suscité une grande dévotion chez les bruxellois, attirant de nombreux pèlerins venus de la ville et de l’extérieur. Aussi, cinquante ans plus tard, il fut nécessaire de reconstruire une église plus grande, afin de pouvoir accueillir tout le monde. C’est l’église que nous voyons aujourd’hui.

Et ainsi, grâce à la présence de la très noble confrérie des arbalétriers, de la statue miraculeuse, et aussi du palais de Bruxelles, abritant les gouverneurs, qui s’élevait un peu plus loin, le quartier devint très vite un lieu d’habitation très couru par la noblesse et la haute société. Malheureusement, l’urbanisme des 19e et 20e siècles aura raison des hôtels particuliers qu’ils firent élever.


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