L’intérieur de l’église Notre-Dame du Sablon

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L’intérieur de l’église Notre-Dame du Sablon

Si le cœur vous en dit, allez jeter un coup d’œil. Mais après cela, revenez sur vos pas et retraversez le parc. Nous vous attendrons à l’entrée où se trouvait la statue des fabricants de heaumes et casques.

Nous voilà à la sortie du parc. Allons maintenant devant la porte latérale de l’église Notre-Dame du Sablon. La porte latérale est celle qui s’ouvre sur la rue de la Régence.

Nous avons déjà un peu parlé de l’origine de l’église, qui a entraîné le développement de tout un quartier aristocratique. Vous avez pu constater à l’extérieur que l’église ne comporte pas de tour. Alors pourquoi ? Ceci est important, car cette particularité rappelle que, malgré sa taille importante, ce sanctuaire n’est à l’origine qu’une chapelle liée aux confréries militaires de la ville. Si son statut social était prestigieux autrefois, au point de vue religieux, l’église est inférieure à beaucoup d’autres églises de la ville, et n’a donc pas droit à une tour.

La statue miraculeuse de Notre Dame, qui apporta tant de succès à l’église, fut détruite par les protestants en 1580, lors des guerres de religion. Mais, bien sûr, les Bruxellois la remplacèrent dans leur cœur par une autre statue de la Vierge. Regardons donc vers le chœur et l’autel principal de l’église, elle se trouve juste à gauche du chœur. Il faut dire aussi que cette vierge des Sablons fut à l’origine d’une procession festive que nous vous racontons maintenant.
La légende raconte qu’en 1348, une Bruxelloise du nom de Béatrice Soutkens vit la Vierge en rêve. La Vierge lui demanda d’aller chercher une statue la représentant à Anvers. Béatrice se rendit donc à Anvers, entra dans l’église, prie la statue sous le bras et revint à Bruxelles où elle fût accueillie par le duc de Brabant, les magistrats de la ville et les représentants de toutes les corporations. Une procession se forma alors, pour amener triomphalement la statue à la chapelle Notre-Dame du Sablon. Cette procession eut bien lieu dans la réalité, mais les conditions du rapt de la statue à Anvers sont quant à elles un peu plus douteuses. Enfin bref !!
Toujours est-il que cette procession triomphale est à l’origine d’une des fêtes les plus importantes du folklore bruxellois, qui a toujours lieu aujourd’hui : l’Ommegang. L’ommegang est un fastueux cortège historique, avec des princes, des corporations… Et il a lieu chaque année, le premier jeudi du mois de juillet.

Et maintenant, regardons autour de nous. Nous sommes ici dans une belle église gothique. La caractéristique essentielle de ce style gothique est que l’église est entièrement couverte de voûtes dites «d’ogive». Nous allons décrire exactement de quoi il s’agit. Mais avant cela, il est important de comprendre ce qu’est une travée. Pour cela, tournons le dos au chœur et à l’autel principal de l’église. Nous voyons alors devant nous la nef, divisée en trois dans le sens de la longueur par une rangée de colonnes à droite et une rangée de colonnes à gauche. Ces deux rangs de colonnes définissent donc une nef centrale, large et haute. C’est dans la nef centrale que se trouve l’essentiel des bancs et des chaises. De part et d’autre de cette nef centrale se trouvent deux nefs latérales, au plafond un peu plus bas. Bien. Maintenant qu’est-ce qu’une travée. Une travée, c’est tout bêtement l’espace compris entre deux colonnes. Regardez une colonne, puis sa voisine. Et bien, votre regard a parcouru une travée. La travée est donc l’espace entre deux colonnes, depuis le sol, jusqu’au plafond.

Et maintenant, levons les yeux vers le plafond. Nous constatons alors que chaque travée est couverte d’une section de voûte, séparée des autres par un arc plus épais.
Dans chaque section de voûte, deux arcs se croisent perpendiculairement. Ces arcs, que l’on appelle aussi « ogives », d’où le nom de « voûte d’ogive », forment le squelette de la voûte. Au centre, là où ils se croisent, se trouve un bloc de pierre plus gros que les autres, et sculpté d’un motif ornemental, différent pour chaque travée. C’est ce qu’on appelle la « clef de voûte », la pierre centrale qui fait tenir tout l’ensemble.
C’est là tout le principe de la voûte d’ogive, légère et solide.

Ces voûtes étant légères et solides, il n’est donc plus nécessaire d’avoir d’énormes piliers et des murs très épais pour les soutenir. Les murs sur les côtés peuvent donc être ouverts de grandes fenêtres, laissant entrer la lumière, et les colonnes sont plus fines. Alors qu’avant cela, dans l’architecture dite romane, les fenêtres étaient minuscules et les églises ne montaient pas très haut.
Regardons maintenant les colonnes de la nef. Elles sont monocylindriques, c’est-à-dire que leur fût est un simple cylindre vertical. Ceci est très typique du gothique de la région, qu’on appelle parfois « gothique brabançon ». Dans les églises gothiques de France, les colonnes sont toujours beaucoup plus compliquées. Elles sont formées de toute une série de colonnes et colonnettes assemblées, ce qui leur donne un aspect beaucoup plus sculptural. C’est ce qu’on appelle des colonnes à faisceau. Ici, rien de tout cela. La colonne est simple, sa forme est limitée à sa plus simple fonction. Dans l’ensemble, le gothique en Belgique est d’ailleurs beaucoup plus simple qu’en France. Ici : pas de gargouilles monstrueuses, pas cette profusion de sculptures et d’ornements végétaux. Quant on voit ce genre de chose ici, comme sur la façade de l’église vers la rue de la Régence par exemple, il faut toujours se dire que les restaurateurs du 19e siècle sont passés par là, et que souvent, ils ont voulu faire les églises plus médiévales qu’elles ne l’avaient jamais été !


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