La place du Grand Sablon

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La place du Grand Sablon

Lorsque nous sortons de l’église, contournons-la en partant vers la gauche. Nous aurons ainsi une belle vue sur l’extérieur du chœur. Continuons à la contourner pour finir par nous retrouver sur la place du grand Sablon. Nous vous invitons à descendre cette place jusqu’au milieu, où se trouve une grande fontaine de marbre, la fontaine de Minerve.

La place du Grand Sablon est aujourd’hui un lieu consacré aux commerces de luxe, et particulièrement aux antiquités. Si vous êtes là un week-end, vous aurez même la chance de profiter du marché des antiquaires, qui se tient là chaque samedi. Mais revenons à la place elle-même. Elle est entourée de maisons et d’hôtels de maîtres dont la construction va de la fin du 16e siècle au 19e.
Plaçons-nous face à cette fontaine 18e, qui est un rappel de la situation historique de l’époque. Sur le socle de la fontaine, Minerve, déesse des arts, tient un médaillon où nous voyons les portraits en profil de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et de son époux, l’empereur François premier. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’à l’époque, ils étaient souverains de l’actuelle Belgique. Depuis le début du 18e siècle en effet, la Belgique, à l’époque Pays-Bas du Sud, était devenue une dépendance de l’Autriche, un poste avancé vers la France en quelque sorte. C’est le résultat des traités de repartage de l’Europe au lendemain de la mort de l’encombrant et turbulent Louis 14 de France.

Observons maintenant quelques maisons de la place. Pour cela, lorsque nous tournons le dos à l’église, allons vers le côté de la place qui se trouve à notre droite. Une fois sur ce trottoir, nous remonterons la place, jusqu’à hauteur du numéro 2, bel hôtel particulier.

Nous voilà face au numéro 2, un bel exemple d’hôtel particulier du 18e siècle. Observons la grille du balcon de l’étage par exemple. Avec son extrême simplicité, et la disposition rigoureusement géométrique de son motif, elle est tout à fait caractéristique du style Louis 16. Symétrie, simplicité et sobriété des ornements, voilà ce qui rend ce style reconnaissable.
Regardons la porte de cet édifice : elle répond aussi à cette définition. Et est aussi de style Louis 16, avec une inspiration antique. Et maintenant allons nous promener dans l’impasse qui se trouve juste à côté, à gauche, dénommée « impasse Saint-Jacques ». Elle est bordée de belles maisons anciennes. Vous y retrouverez l’atmosphère du vieux Bruxelles.

Ensuite, en revenant sur nos pas, nous continuerons à descendre la place, jusqu’à hauteur du numéro 14, à l’angle d’une petite rue appelée « rue Sainte-Anne ». Nous vous y attendons.

Vous y êtes ? Au nº 14. Alors prenons un peu de recul pour observer les deux façades des maisons entourant la rue Sainte-Anne. Toutes les deux possèdent une façade surmontée d’un pignon à gradins, c’est-à-dire dont les bords prennent une forme d’escalier. La maison à pignon sur rue est très typique du Moyen Age et de la Renaissance. Mais le pignon à gradin en particulier est caractéristique des villes du Nord de l’Europe, particulièrement des Flandres et de la Hollande. Le pignon de gauche est sans doute le mieux conservé. Regardons le bien.
Si nous regardons l’ensemble des façades, à gauche et à droite de cette maison, nous voyons cependant que beaucoup d’entre elles n’ont plus ce pignon. Au 18e siècle en effet, on a abandonné ce type de construction, les hôtels de maître s’étendant plutôt en largeur. De plus, les maisons à pignon en façade présentaient un problème : car la pente de leur toiture était latérale, c'est-à-dire qu’elle descendait vers la maison voisine et non vers la rue. L’eau coulait donc sur les côtés, où se trouvaient d’autres toits du même genre. Elle risquait donc de stagner entre les toitures, malgré la présence de gouttières, et la mousse risquait aussi de s’y accumuler. Aussi, au 18e siècle, on préfèrera que la pente du toit permette une évacuation sur la rue. Beaucoup de maisons anciennes ont vu à cette époque leur ancien pignon abattu, pour être remplacé par un toit en pente.

Continuons maintenant à descendre, en restant toujours du même côté. Tout en bas de la place, à droite, une grande et large rue descend en serpentant. C’est la rue Lebeau.


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