La petite rue de Rollebeek

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La petite rue de Rollebeek

Nous allons maintenant remonter la rue Lebeau jusqu’à l’entrée de la place du Sablon. Là, nous prendrons alors à droite, la petite rue de Rollebéék, que nous descendrons jusqu’en bas, à son croisement avec un très large boulevard. A cet endroit, vous verrez à votre droite une station d’essence. Nous vous y attendons.

Si vous y êtes, ne nous attardons pas outre mesure. En aucun cas, nous ne sommes dans l’endroit le plus beau de Bruxelles ! Mais venant de la rue de Rollebéék, prenons le grand boulevard, nommé « boulevard de l’empereur » vers la droite. Après quelques pas, nous apercevrons à notre droite une tour et un morceau de mur médiéval, au milieu d’une pelouse.

Nous voilà face à un petit morceau de Moyen Age. C’est un des rares restes de la première enceinte du Bruxelles médiéval, remontant au 12e siècle. Toujours est-il que là où nous nous tenons, nous étions à l’intérieur de la ville. D’après la position du reste de mur par rapport à la tour elle-même, c’était ici un angle de la muraille. Observons que du côté intérieur, la tour est ouverte par une très large fenêtre. C’est ce qu’on appelle une tour « à gorge ». La fonction de cette ouverture était défensive. En effet, au cas où des assaillants, venant de l’extérieur, auraient pu prendre pied sur les murs et dans la tour, la tour ne les protégeait pas du tout des projectiles que pouvaient leur envoyer des Bruxellois depuis … L’intérieur de la ville.

Au cours du 13e siècle, cette enceinte fut vite dépassée, et les habitations débordaient bien au-delà. Ceci nécessitera, au 14e siècle, la construction d’une seconde enceinte, plus grande, et qui a aussi tout à fait disparu aujourd’hui.

Avant de revenir sur nos pas, disons quelques mots sur l’affreux boulevard au bord duquel nous nous trouvons. Il fait partie de la dramatique histoire de l’urbanisme bruxellois du milieu du 20e siècle. Bruxelles est une ville qui s’est développée sur la pente d’une colline, colline que nous venons de descendre en partie. Au sommet, se trouve la ville haute, plus aristocratique, et en bas, la ville basse, plus populaire et commerçante, autour de la Grande Place. La jonction entre ces deux parties se faisait autrefois par toute une série des petites ruelles descendant en serpentant, qui feraient notre bonheur aujourd’hui, si nous les avions conservées. Mais ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Et bien parce que de grands travaux furent entrepris pour relier les deux gares de Bruxelles, travaux qui aboutirent à la destruction de ces vieilles ruelles.
Cela a créé un trou dans la ville que, jusqu’ici, on n’a pas réussi à combler, si ce n’est par cet assez triste boulevard, qui coupe véritablement la vieille ville en deux. Mais rien ne sert de se lamenter sur ce qui est perdu. Continuons plutôt à voir ce qu’il reste, et qui vaut vraiment le détour. Pour cela, nous vous proposons de revenir sur vos pas, jusqu’à la station d’essence.


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