L’architecture du chœur et du transept

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L’architecture du chœur et du transept

Observons un instant l’architecture de ce chœur. Pour cela, allons jusqu’aux marches qui donnent accès au chœur, mais sans y monter.

Les murs du chœur sont composés de trois niveaux. Au rez-de-chaussée, des arcades. Au-dessus des arcades, une galerie est ouverte dans le mur. Elle fait tout le tour du chœur. Et enfin, viennent les fenêtres. La galerie est assez intéressante. Observons qu’elle est formée d’une série de groupes de trois colonnettes en faisceau, c’est-à-dire coagulées l’une à l’autre en quelque sorte. Ces faisceaux de colonnettes, qui partent du sol et montent verticalement, se rejoignent entre eux par un arc, juste sous les fenêtres hautes. C’est une décoration assez rare. En tout cas, ce qui est intéressant, c’est de constater que ce type d’agencement pour une galerie n’existe que dans une seule autre église de Bruxelles : c’est Saint-Michel et Gudule. Mieux connue sous le nom de Sainte-Gudule. Cette grande église est aujourd’hui la cathédrale de Bruxelles. Par cette décoration, l’église Notre Dame où nous sommes a voulu marquer sa filiation avec Sainte Gudule dont elle dépend.

Maintenant, observons aussi la croisée du transept. Le transept est la partie de l’église qui précède juste le chœur, c’est-à-dire entre le chœur et la nef où nous nous tenons. Le transept forme en fait un bras transversal de l’église, et donne à celle-ci le plan d’une croix. Dans le transept, il y a donc deux bras, à droite et à gauche de l’église, et une croisée, à l’endroit où ces bras croisent la nef. Nous sommes en fait exactement à la croisée du transept. Alors, levons les yeux. Nous voyons que cette croisée est couverte par une tour, dont nous voyons ici l’intérieur bien sûr. Dans les murs de cette tour se trouvent des fenêtres, qui éclairent donc le transept directement par le haut. C’est là un procédé très peu utilisé dans l’architecture gothique. Pourquoi ? et bien tout simplement parce que le gothique peut mettre des fenêtres un peu partout sur les murs qui laissent passer la lumière. En revanche, dans l’architecture romane aux murs massifs et sans grande fenêtre, la tour a très clairement une fonction d’éclairage. D’ailleurs, ce type de tour est aussi appellé «tour lanterne». Ici, il s’agit vraisemblablement de la récupération et reconstruction partielle de la tour lanterne de l’église romane qui a précédé l’église actuelle. Tout n’a donc pas été détruit, et certaines parties anciennes ont été refondues dans l’architecture gothique.

Toujours, dans le transept, lorsque nous faisons face au chœur, rendons-nous dans le bras gauche. Là, parallèlement au chœur principal, s’ouvre la chapelle du Saint-Sacrement, consacrée à l’hostie, le corps du Christ. Nous y voyons un très bel autel, richement décoré. Il a été érigé en 1658, grâce aux dons des fleuristes de Bruxelles, métier qui s’était à l’époque très récemment érigé en confrérie. C’est pourquoi le sommet de l’autel est décoré d’une statue de femme. Il s’agit de sainte Dorothée, la patronne des fleuristes.


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