La nef et la chaire de vérité

La colline du cowdenbergh : du palais de justice au parc royal

La nef et la chaire de vérité

Revenons maintenant sous la croisée du transept, mais cette fois, tournons le dos au chœur, pour regarder en direction de la porte d’entrée. Toute la nef s’étend alors devant nous. Ses proportions, dans l’équilibre entre la hauteur et la largeur, sont très belles. Une série de statues du milieu du 17e siècle ornent les colonnes, tout comme à Notre-Dame du Sablon. Elles représentent les apôtres et sont l’œuvre d’artistes différents, comme Luca Faid’herbe ou Jérôme Duquesnoy, deux sculpteurs importants à Bruxelles à cette époque. Leur nom réapparaît souvent dans le décor des églises au 17e siècle. Comme à Notre-Dame du Sablon, ce sont là des pièces de mobilier installées ici après les guerres de religion, qui avaient détruit le mobilier de bon nombre d’églises.

Contre les colonnes du côté gauche, nous voyons la belle chaire de vérité en bois. En restant dans la nef centrale, approchons-nous afin de la voir de face.
Sous la cuve de la chair, nous voyons un personnage dans une grotte. Il s’agit du prophète Elie, vivant dans une grotte et nourri par un ange. La tradition veut que le Prophète Elie soit le fondateur de l’ordre du Mont Carmel, ou des Carmes, le pendant masculin des carmélites.
En fait, cette chair, à l’origine, était dans une église carmélite. Ce qui explique le sujet.
Observons qu’ici, tout le support de la cuve disparaît sous le décor: il n’est plus que roche et bouquet d’arbres. Le meuble a tendance à disparaître dans le décor, ce qui est une optique différente de la chair que nous avons vue à Notre-Dame du Sablon. Mais cette chair-ci date de 1721 seulement, soit une trentaine d’années après la chair de Notre-Dame su Sablon. Le caractère que nous venons de signaler fait partie d’une évolution du meuble. Au début, il y a un support de cuve, décoré par des statues, mais le support lui-même reste visible. Ensuite, de plus en plus, le support est noyé dans le décor, et la chair devient une grande représentation théâtrale. C’est cette tendance qui est présente ici. Et ajoutons enfin, que l’Église catholique, mise sous pression par le protestantisme, s’était faite plus modeste pendant une certaine période. Mais, chassez le naturel et il revient au galop…


<< 19 - L’architecture du ch...         21 - La tombe de Pieter B... >>

Sommaire complet du dossier :